Gironde : La maire ayant fait raccompagner un enfant chez lui pour une dette de cantine assume

Un enfant de sept ans a été raccompagné chez lui par la police, jeudi 9 septembre, à la pause déjeuner, dans le village de Saint-Médard-de-Guizières, en Gironde, car sa mère n’avait pas payé la facture de la cantine depuis 2019.

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L’affaire a fait grand bruit. Dimanche 12 septembre, le quotidien régional Sud Ouest a rapporté une affaire survenue trois jours plus tôt à Saint-Médard-de-Guizières, petit village de 2300 habitants situé en Gironde à une cinquantaine de kilomètres de Bordeaux: un enfant de sept ans raccompagné chez lui par un policier municipal à la pause méridienne à cause d’impayés de cantine.

Selon la mairie, qui a pris cette décision, les parents de l’enfant ne payaient effectivement plus les repas de l’élève depuis 2019 et devaient environ 800 euros à la municipalité (soit 350 à 400 repas), une somme admise par les parents.

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La maire du village assume

Contactée par 20 Minutes, Mireille Conte Jaubert, la maire de la petite commune reste droite dans ses bottes : « Je ne regrette rien parce que les conditions dans lesquelles cet enfant a été récupéré sont plus qu’honorables et douces. On lui a dit que sa maman avait oublié de lui dire qu’il ne mangeait pas à la cantine et que comme elle connaissait le policier municipal, elle lui avait demandé de venir le récupérer ». Elle va jusqu’à assurer que certains de ses camarades l’ont trouvé chanceux de monter dans la voiture de police.

« Cet enfant n’a pas été traumatisé que ce soit le policier municipal qui le ramène, il est traumatisé par tout le battage que sa mère a généré autour de cette histoire », estime l’élue, persuadée d’avoir opté pour la solution « la moins pénalisante pour l’enfant ».

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« Délibérément la maman ne souhaite pas régler la facture »

La maire estime avoir été suffisamment patiente. « J’ai fait une note avant la rentrée des classes, pour dire que si les dettes de cantine n’étaient pas régularisées, je ne pourrai pas accepter les enfants. La majorité des parents a cherché et trouvé une solution pour régulariser sa dette.

Sauf elle, qui s’est montrée agressive et assez menaçante à mon égard en me disant que si je ne gardais pas son enfant à la cantine, elle ne paierait pas sa dette. Il n’y avait pas vraiment de solution pour lui faire entendre raison ». La mairie l’aurait sollicitée pour trouver un échéancier éventuel, en lien avec le Trésor Public qui prend le relais sur ce type de dossier, mais en vain.

L’élue ne cache pas sa colère, devant le soutien que la mère de famille a obtenu auprès d’autres parents d’élèves. « Elle est en train de créer un précédent puisque j’ai des parents qui ne veulent plus payer la cantine compte tenu de ce qu’elle a fait. Un élan de solidarité s’est créé autour d’elle. Je passe pour la vilaine en ce moment mais j’assume complètement et cela ne me pose aucun cas de conscience. » Pour l’instant la maman ne met plus son enfant à la cantine.

La maire de Saint-Médard-de-Guizières assure sur RMC que l’enfant n’aura pas accès à la cantine scolaire tant que la facture ne sera pas réglée.

Le budget restauration scolaire de cette petite commune pèse pour environ 50.000 euros par an, sur un budget de fonctionnement de 2 millions d’euros. Elle pratique une tarification unique avec un repas à 2,30 euros à base de produits bio « sachant que ça nous coûte beaucoup plus cher », souligne la maire.

« Les enfants n’y sont pour rien »

Selon l’enquête sur la restauration scolaire menée par l’association des maires de France en 2020, près d’une commune sur deux (49 %) rencontre des difficultés d’impayés mais 44 % de manière modérée.

« Même quand on est face à des impayés, ce n’est pas aux enfants de subir ces situations car ils n’y sont pour rien, estime Virginie Lanlo, coprésidente du groupe de travail sur la restauration collective à l’association des maires de France (AMF), et première adjointe chargée de l’éducation à Meudon. On a des coûts mais on a la responsabilité des enfants et il nous appartient de travailler avec la famille pour trouver une solution au lieu de l’enfoncer et de conduire à une humiliation ».

La mise en place d’une tarification en fonction des revenus, dégressive ou en fonction du taux d’effort peut permettre de limiter ces impayés. Selon l’enquête, les villes de moins de 10.000 habitants ont davantage recours à la tarification unique.

Un constat qui peut s’expliquer, analyse l’étude, par « une surcharge administrative liée à la mise en place d’un barème des participations familiales, voire par le recours direct aux CCAS ou CIAS qui peuvent aussi apporter une aide aux familles en difficulté. »

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