Grève à l’école : Pourquoi la mobilisation s’annonce massive et historique ce jeudi dans l’Education nationale

La mobilisation contre le protocole sanitaire à l’école s’annonce massive. Les syndicats estiment à 75% le nombre d’enseignants grévistes, ce qui entraînerait la fermeture de la moitié des écoles. Des chefs d’établissements et des inspecteurs académiques se mobilisent également, rendant ce mouvement social historique et inédit par son ampleur. 

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La grogne est à son plus haut dans l’Education nationale. Les enseignants, exaspérés par la valse des protocoles sanitaires liés au Covid-19, devraient donc être nombreux à faire grève ce jeudi.

L’ensemble des syndicats enseignants ont appelé à la grève dans les écoles, les collèges et les lycées. Ils dénoncent « une pagaille indescriptible » dans les établissements en raison de la crise sanitaire. Selon les prévisions du Snuipp-FSU, premier syndicat dans le primaire, 75 % des enseignants du premier degré pourraient ne pas franchir le portail des écoles aujourd’hui, dont la moitié devraient donc être fermées.

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Des syndicats exceptionnellement groupés

L’organisation syndicale évoque « une mobilisation historique par son ampleur sur ces vingt dernières années ». Ce « n’est pas une grève contre le virus mais cela illustre le ras-le-bol grandissant dans les écoles », explique le syndicat, en référence aux propos du ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer, qui avait parlé d’une « grève contre le virus ».

« Depuis de nombreuses années, nous n’avons pas vu un ensemble aussi compact et unitaire de syndicats, à la fois du premier, du second degré, mais aussi de l’encadrement », explique également l’historien de l’éducation Claude Lelièvre dans un entretien à Libération. « De ce point de vue là, cette journée et cet appel sont manifestement historiques ».

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Et la tension monte, avec un ministre de l’Education, autrefois bon élève du gouvernement et aujourd’hui dans la tourmente. Face aux appels à la démission, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a assuré mercredi que l’exécutif était « très en soutien » de Jean-Michel Blanquer. « Soit on veut créer des polémiques, ce qui est assez facile vu les difficultés que pose ce virus, soit on cherche l’union nationale autour de notre école », s’est pour sa part défendu le ministre de l’Education le même jour devant le Sénat.

Le premier syndicat des parents soutient le mouvement

En attendant, l’union nationale se fait plutôt dans la rue. L’appel à la grève a en effet été lancé par la quasi-totalité des syndicats (Snuipp-FSU, SE-Unsa, Snes-FSU, Snalc, CGT Educ’action, SUD Éducation, FO et Sgen-CFDT). Et pour une fois, ce mouvement a reçu des soutiens au-delà de la sphère des professionnels de l’éducation. La FCPE, première organisation de parents d’élèves, a signé l’appel à la grève et invité les parents à se mobiliser ce jeudi.

L’Unaape (Union nationale des associations autonomes de parents d’élèves) appelle elle aussi « à soutenir par solidarité le mouvement de toutes les équipes éducatives » et à « ne pas envoyer les enfants à l’école jeudi », selon son président Patrick Salaün. Même le principal syndicat de chefs d’établissement, le SNPDEN-Unsa, « s’associe » au mouvement de protestation.

avec AFP

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