Il se fait voler son fauteuil roulant électrique à Lille, les internautes se mobilisent pour l’aider

Mercredi soir, un Lillois de 27 ans rendait visite à une amie quand son fauteuil roulant électrique, laissé à l’entrée de l’immeuble, a été volé. Il a lancé une cagnotte pour en financer un nouveau.

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Cliff, un jeune photographe lillois, handicapé, atteint de la maladie des os de verre, s’est fait voler son fauteuil électrique le 2 juin à Lille. Il appelle à la générosité des internautes pour financer l’achat d’un fauteuil roulant. Une cagnotte a été lancée pour lui en racheter un autre.

« Mon petit frère s’est fait voler son fauteuil électrique à Lille hier soir (mercredi), je sais pas bien qui peut faire ce genre de trucs mais si jamais vous voyez quelque chose… » La publication, sur Twitter, mise en ligne jeudi dans la matinée, dépasse désormais les 10 000 partages.

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Eva May, sa grande sœur, a tout de suite lancé un appel sur les réseaux sociaux pour retrouver l’appareil. Mais l’espoir de le récupérer est mince. Une cagnotte a donc été mise en place pour financer un nouveau fauteuil. « À vomir », « des ordures », « inhumain ». Sur Twitter, les réactions des internautes sont virulentes mais on les comprend.

Le fauteuil volé en quelques minutes

Ce vol ne pouvait pas plus mal tomber pour Cliff. Atteint d’une ostéogenèse imparfaite, communément appelée maladie des os de verre, le Lillois de 28 ans participe en effet à Solid’Art. Tout le week-end, il va ainsi exposer ses superbes photos au sein de l’Hôtel de Ville.  Il a heureusement pu trouver un fauteuil de location en urgence pour ne pas rater l’événement.

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Accaparé par l’installation de ses œuvres, c’est donc Eva May, sa grande sœur, qui nous explique ce qu’il s’est passé. Mercredi en fin d’après-midi, vers la station de métro Caulier, « mon frère est passé chez une amie qui habite dans un immeuble sans accès PMR , ça arrive très souvent. Il a donc laissé son fauteuil au niveau de la porte d’entrée et a marché. Il arrive à se déplacer mais pas plus d’une minute. »

Après cette très courte visite, Cliff est ressorti et s’est aperçu que son fauteuil électrique avait disparu. Mais le jeune artiste n’est pas allé déposer plainte. « Il est déjà arrivé la même chose à l’un de ses amis il y a 5 ans. Il était allé voir la police mais cela n’a abouti à rien. »

« J’ai peu d’espoir »

Dans le grand hall de l’hôtel de ville, le Lillois de 27 ans – qui expose ce week-end à Solid’Art en tant que photographe – se débrouille avec un fauteuil de prêt. « J’ai peu d’espoir. J’imagine que le mien est déjà en pièces, brûlé ou dégradé quelque part », lance-t-il.

Et d’ajouter : « Je ne suis même pas en colère. Plutôt désabusé par la nature humaine. C’est quand même improbable, non ? »

Atteint d’une maladie génétique rare, appelée ostéogenèse imparfaite ou encore « maladie des os de verre », le jeune homme peut marcher un peu. « C’est pour ça que j’ai laissé le fauteuil en bas », précise-t-il.

La twittosphère se mobilise pour aider Cliff

Parmi les nombreux messages de soutien, on trouve aussi des conseils. « On m’a dit de regarder sur Le Bon Coin ou le Market Place de Facebook car il pourrait être remis en vente dessus. » En effet, selon Eva May, un fauteuil électrique comme celui de son petit-frère coûte une petite fortune, « entre 7 et 12 000 euros ». Il y a ainsi des « chances » que l’appareil soit revendu et ne réapparaisse jamais.

Des Twittos ont alors suggéré de lancer une cagnotte pour financer un nouvel appareil. Cliff, qui n’aime pas demander de l’aide, rechigne d’abord. Puis ouvre finalement cette cagnotte mais en y ajoutant des contreparties pour ses généreux donateurs.

« En tant qu’artiste photographe, il m’a paru normal de vous proposer quelques prints de mon travail pour vous témoigner ma reconnaissance », explique-t-il sur la page de la cagnotte.

La mésaventure de Cliff aura également permis de créer du dialogue sur Twitter. « Sous mon tweet, je vois que pas mal de personnes à mobilité réduite racontent ce qui leur est arrivé. Elles donnent aussi des techniques pour sécuriser les fauteuils. » Eva May et son frère espèrent aussi une prise de conscience concernant la prise en charge par l’assurance maladie de ce type de fauteuil, « remboursé à hauteur de 2000 – 3000 euros. C’est déjà ça mais il faut avoir une mutuelle complémentaire et ça coûte très cher. »

Avec Agences

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