Incidents OL-OM : six mois de prison ferme requis contre l’auteur du jet de bouteille sur Payet

L’homme de 32 ans qui a jeté une bouteille sur Dimitri Payet, était jugé ce mardi 23 novembre en comparution immédiate au tribunal de Lyon. Il a également écopé de cinq ans d’interdiction de stade.

publicités

Six mois de prison ferme et cinq ans d’interdiction de stade ont été requis contre le supporter qui a lancé une bouteille en plastique pleine sur Dimitri Payet, lors de l’Olympico dimanche soir entre Lyon et Marseille. La procureure Béatrice Moure a réclamé une « peine exemplaire ».

«Une peine exemplaire»

«On constate une montée en puissance d’incidents et d’actes de violence», a déclaré la procureure Béatrice Moure dans son réquisitoire, en rappelant que les clubs encouraient «des sanctions administratives importantes en cas de problème».

publicités

«Le risque zéro n’existe pas mais la tolérance zéro existe», a-t-elle ajouté en réclamant au tribunal «une peine exemplaire». L’Olympique lyonnais, qui s’est constitué partie civile dans la procédure, avait fait de même lundi. La commission de discipline de la Ligue de football professionnel, réunie en urgence lundi, a déjà sanctionné le club d’un match à huis clos à titre conservatoire, avant de rendre une décision définitive le 8 décembre. L’OL, qui évoque depuis dimanche soir «un cas isolé», espère pouvoir rejouer le match contre Marseille.

« Je n’ai rien contre Dimitri Payet, c’est un joueur que j’aime bien »

Dans le box, le bedonnant livreur baisse la tête et rentre les épaules comme s’il cherchait à se camoufler derrière son tee-shirt à l’effigie du Bayern Munich. Ses explications peinent à convaincre l’auditoire. Longs moments de silence, phrases guère audibles, l’homme ânonne les mêmes réponses à chaque question posée par le tribunal : « Je ne voulais pas le viser », « Je regrette, c’était une connerie », jure-t-il, les mains croisées dans le dos. Et d’ajouter : « Je ne suis pas anti-Marseillais. Je n’ai rien contre Dimitri Payet, c’est un joueur que j’aime bien ». De quoi interloquer la procureure de la République.

publicités

« C’était un acte intentionnel », le reprend-elle de volée, s’appuyant en cela sur la projection des vidéos enregistrées dans le stade. « Vous remettez votre capuche avant d’armer votre bras et de prendre le temps de viser le joueur. On vous voit préparer votre geste et ensuite il y a ce sentiment de satisfaction quand votre ami vous tape dans le dos et vous donne l’accolade, souligne-t-elle. Lors de votre audition en garde à vue, vous avez indiqué que vous vouliez mettre la pression sur le joueur. »

« La violence est consubstantielle de ce sport »

« J’ai agi dans l’euphorie du truc. Je ne voulais pas le toucher, je n’avais pas l’intention de provoquer un incident », se défend ce fan de l’OL « depuis une quinzaine d’années », précisant n’avoir jamais imaginé que la rencontre serait suspendue deux heures avant d’être définitivement annulée. « La violence est consubstantielle de ce sport », appuie son avocat David Metaxas, pour qui le prévenu a agi par « un acte réflexe absolument stupide ».

« On n’a pas de préjudice physique aujourd’hui [Dimitri Payet ne s’est vu délivrer aucun jour d’ITT] mais le projectile aurait pu échouer vers l’œil ou dans le visage. Les conséquences auraient pu être plus dramatiques », rappelle Béatrice Moure. Les magistrats ne l’ont finalement pas suivi, à la satisfaction de David Metaxas.

« Six mois de prison ferme c’était incompréhensible et disproportionné. L’exemplarité n’est jamais une bonne chose, commente-t-il à la sortie du tribunal. J’ai le sentiment que des intérêts économiques commandaient les poursuites. Heureusement, les magistrats du siège sont souverains et indépendants. Ils viennent encore une fois à Lyon de le prouver. »

Par ailleurs, Wilfried devra indemniser à hauteur d’un euro symbolique, Dimitri Payet, l’OM et la Ligue de football professionnel (LFP). « Il s’en tire bien. C’est dégu… », lâche dépité Djamel, un supporter qui s’était constitué partie civile et qui avait réclamé le remboursement de ses deux places en loges, à savoir 500 euros. « On était 56.000 personnes à lui en vouloir. Il a gâché notre soirée… »

Avec AFP

Franbuzz sur Facebook

Répondre