La photo d’un nourrisson migrant de 2 mois sorti des eaux par un sauveteur émeut la planète

Une image émouvante. La photographie d’un bébé sauvé des eaux par un plongeur de la Garde civile espagnole au large de l’enclave espagnole de Ceuta, a suscité beaucoup d’émotion sur les réseaux sociaux, ce mercredi 19 mai.

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Le cliché n’a surtout pas été pris n’importe où : aux abords de l’enclave de Ceuta. Depuis lundi, une marée humaine de plus de 8.000 candidats à l’exil, en grande majorité des Marocains, a rejoint sans entrave le petit port espagnol à la faveur d’un relâchement des contrôles frontaliers. Parmi eux, se trouvent de nombreux jeunes partis seuls ou des enfants en bas âge, emmenés par leur famille, comme ce bébé.

Juan Francisco Valle, garde civil de 41 ans, membre du Groupe spécial pour les activités sous-marines (GEAS) de Ceuta, tient hors de l’eau un nourrisson qui ne semble pas réagir. Interrogé par El Pais, il raconte : «Je ne savais pas s’il était vivant ou mort. Il était gelé, froid et il ne bougeait pas.» D’après les médias espagnols, le bébé, âgé de deux mois, serait en bonne santé.

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« Le bébé était gelé, froid, il ne faisait aucun geste »

« Notre travail habituel consiste à récupérer les corps des morts dans les eaux, qu’ils proviennent de la mer, d’un marais ou d’une rivière. Mais cette fois, nous avons dû secourir des personnes vivantes, de tous âges, dans toutes les conditions, et faire le tri entre tant de personnes dans l’eau qui avaient le plus besoin de notre aide », explique-t-il au quotidien espagnol. Accroché au dos de sa mère, « le bébé était gelé, froid, il ne faisait aucun geste », a confié « Juanfran » avec émotion. Il ignorait s’il était mort ou vivant.

Le nourisson se trouve en sécurité mais les autorités ne donnent aucune information sur son état de santé, ni celui de sa mère. Pas plus qu’elles ne disent s’il sera renvoyé au Maroc, comme des milliers d’autres depuis qu’a éclaté la crise entre Madrid et Rabat.

« Il y avait beaucoup de pères et de mères avec leurs enfants ligotés comme ils le pouvaient », raconte encore le plongeur. Ces milliers de migrants « étaient sur des bouées de plage, avec des bouteilles vides, avec n’importe quoi. Certains portaient des gilets en liège mal ajustés qui, au lieu de garder leur tête à flot, provoquaient l’effet inverse ».

Crise diplomatique entre le Maroc et l’Espagne

Mercredi après-midi, le flux vers Ceuta a peu à peu décru. Les quelques téméraires qui tentaient de rallier l’enclave à la nage ont été rapidement ramenés vers la rive marocaine par la marine royale. Côté espagnol, ceux qui arrivaient par la mer ont été très vite appréhendés et ramenés vers la frontière.

La tragédie prend surtout une tournure diplomatique. L’afflux de milliers de migrants sur l’enclave espagnole de Ceuta n’est pas une « crise migratoire » mais un « moment difficile » dans la relation entre le Maroc et l’Espagne, et plus largement l’UE, a estimé mercredi le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes Clément Beaune. Cette vague migratoire inédite a en effet pour toile de fond la crise majeure entre Madrid et Rabat, qui ne décolère pas depuis l’arrivée le mois dernier en Espagne, pour y être soigné, du chef des indépendantistes sahraouis du Front Polisario, ennemi juré du Maroc.

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