Le restaurant qui avait servi un verre de détergent à une petite fille, à Pornic, jugé ce mardi

Le 1er août 2019, dans un restaurant réputé de Pornic, une petite fille de 22 mois avalait par erreur du détergent à la place du jus de fruit. Le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire juge aujourd’hui le propriétaire et la société.

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Le 1er août 2019, Elisabeth et ses parents, originaires de la région parisienne, sont attablés à l’hôtel-restaurant L’Auberge de la Fontaine aux Bretons, à Pornic (Loire-Atlantique).

Un verre de jus de fruit est servi à la fillette de 22 mois. Elle avale deux gorgées et hurle de douleur. Le breuvage, qui la brûle grièvement à la bouche et à l’œsophage, était en fait un détergent puissant à base de soude caustique.

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La prise en charge de la petite et son transfert vers le CHU de Nantes n’ont pu éviter les dégâts immédiats du produit ingéré. Elle est plongée dans un coma artificiel et se réveillera une semaine plus tard avec des lésions irréversibles.

L’accident avait provoqué une vive émotion dans la région. Il a, surtout, causé de lourdes séquelles à une petite fille âgée aujourd’hui de 3 ans. Son oesophage a été brûlé et les séquelles sont lourdes.

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Deux ans et demi après les faits, le propriétaire de l’établissement comparaît ce mardi au tribunal correctionnel de Saint-Nazaire pour blessures involontaires et mise en danger de la vie d’autrui. L’enquête a démontré que le détergent, utilisé pour le lave-vaisselle du restaurant, était régulièrement stocké dans des anciennes bouteilles de jus de fruits. Et l’une de ces bouteilles a été servie par mégarde.

Des séquelles importantes et une vingtaine d’opérations

Le père de la fillette, Arnaud Kob ne souhaite pas s’exprimer avant l’audience mais il confirme qu’un an et demi après le drame, sa fille a «toujours besoin d’être supplémentée par gastrostomie» c’est à dire qu’elle nécessite toujours une sonde pour s’alimenter. Depuis l’accident, la famille originaire de région parisienne, vit un enfer.

Son œsophage ayant été grièvement brûlé par le détergent, la fillette a été hospitalisée une vingtaine de fois en un an avec à la clef plusieurs opérations et anesthésies générales.

Dès qu’elle voit une valise, l’enfant demande si c’est pour partir à l’hôpital. La nuit, ses parents se relaient pour dormir à ses côtés car il faut parfois remettre en place le tuyau qui la relie à la pompe. Accaparés par les besoins de leur fille, ils n’ont plus de vie sociale. La maman a arrêté de travailler.

Le restaurateur jugé ce mardi

Le propriétaire de l’établissement, la Fontaine aux Bretons, Alexandre Gérard, est jugé ce mardi 26 janvier par le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire. Il comparait pour « blessures involontaires avec incapacité supérieure à trois mois par violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence ». La peine encourue s’élève à trois ans d’emprisonnement.

La justice va se pencher aujourd’hui sur les responsabilités pénales de la société qui gère la Fontaine aux Bretons et de son propriétaire.

Le repreneur du restaurant représentera la société poursuivie en tant que personne morale pour les mêmes motifs.

Pas d’employés poursuivis

Les investigations ont cherché à déterminer la chaîne de responsabilités. Après une enquête interne le propriétaire a licencié des salariés pour faute lourde. Mais les derniers utilisateurs du produit et l’employé qui a fait le service ne sont poursuivis devant le tribunal.

Le parquet de Saint-Nazaire pointe seulement « un manquement à une obligation de sécurité et de formation de l’employeur ». Il considère ainsi que c’est toute l’organisation liée à l’utilisation de produits dangereux qui est défectueuse.

Apprenant la date du procès, ils disaient attendre « une sanction lourde » et « que tous les restaurateurs qui utilisent ces produits dangereux aient connaissance de ce drame. »

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