L’embargo indonésien sur l’huile de palme pourrait-il provoquer une pénurie de Nutella ?

Le 27 avril dernier, l’Indonésie a engagé un embargo sur les exportations d’huile de palme. La décision prise par le premier exportateur mondial d’huile de palme oblige les industriels des quatre coins du monde à puiser dans leurs stocks.

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C’est une décision qui a mis le feu aux poudres sur le marché de l’huile végétale. Il y a deux semaines, le premier producteur mondial d’huile de palme suspendait toutes ses exportations. L’Indonésie fait face depuis plusieurs mois à une flambée des prix sur son marché intérieur, rappelle Le Figaro, et a décidé de les interdire jusqu’à ce que les tarifs descendent de 20.000 roupies (1,31 euro le litre) à 14.000 roupies (0,91 euro). Un coup dur pour de nombreuses industries dans le monde qui utilisent cette huile de palme, à commencer par l’Europe qui en importe près de 50%.

Un des industriels les plus concernés par cette huile de palme n’est autre que le groupe Ferrero qui l’utilise dans le fameux Nutella. Sa pâte à tartiner en contient près de 20%, décrypte Le Figaro, de quoi s’inquiéter d’une possible pénurie ? Pas si sûr quand on sait que Ferrero en importe seulement 20% d’Indonésie et 80% de Malaisie.

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Y’a-t-il à craindre en revanche d’autres pénuries ? Non, selon le consultant chez Agritel, Arthur Poirier. « La stratégie du gouvernement indonésien a été de détendre le marché des prix localement, donc il n’y a pas de matière à ce que cela perdure », avance-t-il.

L’Indonésie, plus gros exportateur mondial d’huile de palme

En Europe, 47 % de l’huile de palme importée vient de ce pays, en Chine 40 % et en Inde 33 %. Certaines entreprises, à l’instar de Ferrero qui produit le célèbre Nutella, pourraient aussi subir les conséquences de cet embargo. Mais l’impact devrait être limité car seulement 20 % de l’huile de palme de Ferrero vient d’Indonésie contre 80 % de Malaisie.

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« La stratégie du gouvernement indonésien a été de détendre le marché des prix localement, donc il n’y a pas de matière à ce que cela perdure, a expliqué au Figaro Arthur Portier, consultant chez Agritel, cabinet de conseil spécialisé dans l’analyse des marchés des matières premières dans le secteur agricole. Une simple suspension des exportations sur le mois de mai permettrait à l’Indonésie de retrouver deux millions de tonnes dans les stocks. Cela provoque juste un petit trou à court terme ».

Ce spécialiste évoque donc plutôt un « problème logistique temporaire » qui devrait être résolu dans les deux ou trois prochaines semaines. Les amateurs de Nutella peuvent souffler.

La Chine et l’Inde touchées

Le spécialiste précise que la décision indonésienne n’est que temporaire et qu’elle devrait permettre au pays de « retrouver deux millions de tonnes dans les stocks ». Les problèmes logistiques devraient être résolus dans les trois semaines à venir selon lui. En ce qui concerne les industriels, il n’y a pas de crainte à avoir pour le moment, puisqu’ils ont des stocks. S’ils puisent dedans, note Le Figaro. Ils n’auront plus qu’à acheter plus au mois de juin. Selon Arthur Poirier, tout devrait être de retour « à la normale » en juin.

En revanche, la situation est un peu plus compliquée pour des pays comme l’Inde qui dépend de l’huile indonésienne et en importe 33%. C’est pire en Chine, où cela dépasse les 40%. Le Pakistan et le Bangladesh sont aussi touchés. Alors que la guerre en Ukraine pèse fortement sur la pénurie d’huile dans le monde, le 27 avril, le patron de Leclerc avait estimé que les rayons étaient vides en magasin essentiellement à cause des restaurateurs comme les friteries qui « en achètent trop » par peur de manquer. « Il n’y a pas de pénurie mais il y a des ruptures », avait-t-il précisé.

Avec Agences

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