Les contaminations augmentent encore chez les enfants, faut-il s’inquiéter de cette hausse ?

Le taux de positivité est de 10% chez les enfants contre seulement 6,4% dans la population générale. Un chiffre qui a bondi en quelques jours, qu’il faut analyser avec prudence.

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Selon les derniers chiffres de Santé publique France, publiés dimanche (portant sur la semaine allant du vendredi 1er au jeudi 7 janvier), le taux de positivité atteint 10 % chez les moins de 10 ans et 8,5 % chez les 10-19 ans. Dix jours auparavant, il était inférieur à 3 %.

« Une situation préoccupante ». Voilà comment Delphine Viriot, épidémiologiste pour Santé Publique France, résume le point épidémiologique ce vendredi. Au lendemain de l’annonce par le Premier ministre d’une extension à tout le territoire du couvre-feu à 18hles chiffres hebdomadaires publiés par l’agence de santé sont intéressants à détailler.

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À titre de comparaison, il n’est que de 6,4 % dans l’ensemble de la population. Pour l’heure, deux hypothèses sont envisagées pour expliquer une telle hausse. Premièrement, et c’est mathématique, plus on teste et plus on a de chances de trouver des cas positifs. Et deuxièmement, plus grave, c’est la possibilité que le variant britannique du coronavirus soit plus présent sur le territoire que « les 1% de tests positifs », annoncés par le ministre de la Santé Olivier Véran.

Effet vacances ?

Une augmentation que l’on ne peut pas attribuer à la rentrée des classes puisque le dépistage a eu lieu le week-end du Nouvel an comme le précise le Parisien. Ce qui signifie que les enfants ont forcément été contaminés pendant les vacances, et peut-être même pendant Noël ou Nouvel An. D’après une étude britannique, les 12-16 ans seraient sept fois plus susceptibles que les adultes d’être la première personne contaminée au sein d’un foyer.

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Les chiffres des contaminations baissent quand les enfants sont en vacances et repartent à la hausse au moment de la rentrée. « Ce qui ressort de ce rapport, c’est que la fermeture des écoles reste un levier pour endiguer l’épidémie », souligne Mircea Sofonea, épidémiologiste et spécialiste de la modélisation à l’université de Montpellier (Hérault).

Hausse des hospitalisations

Deux mauvaises nouvelles ressortent de ce bilan, cette fois en population totale. L’incidence continue d’augmenter (+ 30 %, alors que c’était déjà + 17 % la semaine précédente). Et les hôpitaux ressentent déjà ce début de rebond. En effet, les hospitalisations pour Covid-19 ont augmenté de 19 %, tandis que les entrées en réanimation sont à + 21 %.

Le 12 janvier, la France comptait donc 24.737 cas de Covic-19 hospitalisés, dont 2.688 en réanimation. On reste donc autour des 50 % des lits de réa occupés (5.400 en temps normal). Par ailleurs, le nombre de décès tourne toujours autour de 2.300 sur une semaine, à peine plus que la semaine précédente. A titre de comparaison, Allemagne et Royaume-Uni comptaient chacun plus de 1.200 décès en 24 heures jeudi.

Taux d’incidence par âge

Nombre de nouveaux cas pour 100 000 habitants par semaine selon l’âge

image: capture d’écran Le Point 

Pour ce deuxième confinement, Emmanuel Macron a choisi de laisser ouverts les écoles, collèges et lycées : les élèves continuent donc de s’y côtoyer. Il est encore trop tôt pour observer l’effet de cette décision – les chiffres les plus récents datent de moins d’une semaine après la rentrée des vacances de la Toussaint –, mais si la hausse se poursuivait dans ces seules catégories de la population, ce pourrait être le signe que, malgré les protocoles sanitaires en place, le milieu scolaire favorise les contaminations.

Selon le ministère de l’Éducation nationale, seuls 3 528 cas de Covid-19 chez des élèves ont été confirmés sur quatre jours, du lundi 2 au jeudi 5 novembre. Aux mêmes dates, Santé publique France comptabilisait pourtant 6 255 cas chez les 0-9 ans et 27 280 cas chez les 10-19 ans.

Si ces deux classes d’âge comprennent aussi des enfants pas encore scolarisés ou des jeunes ayant déjà quitté le lycée, les chiffres du ministère de l’Éducation nationale semblent sous-estimés, notamment si les parents ne signalent pas systématiquement à l’établissement que leur enfant est malade.

Avec Agences

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