Les voisins se plaignent du bruit, un bar historique breton menacé de fermeture

C’est une affaire qui fait du bruit : Un couple de retraités a porté plainte après l’organisation de concerts en extérieur au bar Chez Gaud, à Loguivy-de-la-Mer.

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Il existe un café à cet endroit depuis … 1876. Aujourd’hui, après une condamnation en justice, l’existence du bar de pêcheurs Chez Gaud, à Loguivy-de-la-Mer (Ploubazlanec), dans les Côtes-d’Armor, est menacée. L’établissement, situé en face de la mairie et à quelques mètres du port, a été jugé par le tribunal judiciaire de Saint-Brieuc, vendredi 19 novembre 2021, pour des faits de nuisances sonores, après une plainte déposée par un couple de voisins.

C’est dans ce village très fréquenté par les touristes, en été, qu’est installé le bar Chez Gaud. Une institution de Ploubazlanec ouverte depuis 1876 que tous les gens du coin connaissent. Il y a quatre ans et demi, l’établissement a été repris par Anne-Sophie et Clément Conan, une sœur et un frère issus du monde du spectacle, en vue de faire du bistrot un lieu de culture.

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Côtes-d’Armor. « Si le bar de Loguivy-de-la-Mer ferme, on fait crever le village »

Cette nouvelle vocation n’a pas vraiment été du goût d’un couple de voisins. Longtemps établi à Saint-Brieuc, le couple est venu s’installer de manière définitive dans sa résidence secondaire située juste à côté du bar. Et très vite, tout s’est mal passé. « On a vu dès le début que ça se passerait mal. C’était presque du harcèlement », raconte Anne-Sophie Conan. La semaine dernière, la gérante de Chez Gaud a été condamnée à une amende de 9.500 euros pour « trouble anormal du voisinage ».

Image: Facebook/CHEZ GAUD

La justice lui reproche des nuisances sonores, notamment l’organisation de concerts en extérieur l’été. « On parle de six concerts dans l’été, soit deux heures le vendredi. Mais c’est ce qui faisait notre chiffre d’affaires. Ça fait quatre ans et demi qu’on trime pour proposer un peu de culture et maintenir le commerce ouvert. Et on nous fait passer pour les méchants ? », s’agace Anne-Sophie Conan.

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Le tribunal correctionnel l’a aussi chargée de régler les frais d’avocats de son voisin, ainsi que les frais des différentes expertises. Au total, la facture approche les 21.000 euros. « Les conséquences pour nous sont graves. Cela nous met en difficulté, surtout pendant les mois creux. » La gérante craint de devoir déposer le bilan et a ouvert une cagnotte en ligne.

« La réglementation est assez dure en termes de bruit »

Le frère et la sœur n’ont pas souhaité faire appel de la décision, déterminés à vendre l’établissement à un repreneur déjà identifié. De son côté, l’avocat des plaignants rappelle que « les nuisances étaient totales » et que l’établissement « n’était pas en conformité réglementaire » pour accueillir des concerts en extérieur, précise Me Christophe Sanson, spécialiste du bruit.

« Alors oui, il y a un débat qui s’ouvre entre la tranquillité et la vie d’un village. Je ne suis pas compétent pour l’animer. En revanche, je sais que la réglementation est assez dure en termes de bruit. Mais elle doit s’appliquer », poursuit le conseil des voisins. « Le problème, c’est qu’on a transformé un bar de pêcheurs pour en faire autre chose ».

La rumeur de fermeture de l’établissement a eu le don de réveiller les élus des villages des environs. Plusieurs maires ont affiché leur soutien au bar Chez Gaud. La région Bretagne s’est également rapprochée des gérants afin de mieux comprendre la situation. « J’ai tenu ce bar pendant vingt-deux ans et j’y ai parfois organisé des concerts. Je n’ai jamais eu de problèmes avec les voisins », raconte le propriétaire des murs, Alain Mainguy.

Chez Gaud, c’était le nom de sa grand-mère, a toujours appartenu à sa famille depuis 1876, sans que cela ne pose de problème. Mais, depuis des années, les commerces de la rue ont progressivement fermé, souvent pour être transformés en résidences secondaires. Il n’en fallait pas plus pour réveiller la colère des locaux, qui dénoncent « les Parisiens qui font flamber les prix​​ ». Un débat qui dépasse le simple avenir du bar de Loguivy.

Sources : Ouest-France20 Minutes

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