L’insoutenable calvaire vécu par le petit Tony, 3 ans mort sous les coups, raconté au procès de ses parents

Au premier jour du procès de Loïc Vantal et Caroline Létoile pour la mort du petit Tony à Reims en novembre 2016, les médecins ont révélé ce lundi à la cour d’assises l’ampleur des maltraitances vécues par l’enfant. Les experts ont décrit l’agonie du petit garçon dans les derniers jours de sa vie.

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Le procès de Loïc Vantal et Caroline Létoile s’est ouvert ce lundi devant la cour d’assises de la Marne à Reims, un peu plus de quatre ans après la mort du petit Tony, 3 ans. Le beau-père de l’enfant est jugé pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner » et la mère de Tony pour « non assistance à personne en danger et non dénonciation de mauvais traitements ».

A la cour d’assises de la Marne, à Reims

Elle s’est levée sans crier gare, en pleine audience, se glissant hors de la salle pour ne plus entendre. Ne plus entendre les légistes énumérant les « innombrables lésions » retrouvées sur le corps de Tony, ne plus entendre ces médecins décrire l’agonie de son fils, « un petit bonhomme, un tout ptit bout de chou de 98 cm et presque 17 kg », mort à trois ans et demi dans d’horribles souffrances.

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C’était le 26 novembre 2016, au 6e étage d’une tour HLM de Reims (Marne). Caroline Letoile avait alors 19 ans et avait emménagé avec un tout nouveau compagnon, Loïc Vantal, un petit caïd violent tout juste sorti de prison. Une cohabitation qui aboutira, en moins de deux mois, à la mort de Tony.

Loïc Vantal reconnaît avoir frappé Tony

La cour d’assises de la Marne a donc passé une première journée d’audience éprouvante à écouter le calvaire vécu par ce garçonnet de 3 ans avant qu’il ne succombe finalement sous les coups de son beau-père, en novembre 2016. Tassé dans son box, Loïc Vantal a semblé parfois perdu, le regard dans le vague, à l’évocation de cette affaire qui lui fait encourir une peine de 30 ans de réclusion criminelle. La présidente, Hélène Langlois, lui a bien demandé s’il reconnaissait les faits. « Euh… Bah… Oui, je reconnais », a-t-il seulement répondu, engoncé dans un pull noir barré d’une grande bande blanche, avant de se rasseoir.

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Il y a un peu plus de quatre ans, cet homme a fait du petit garçon son « souffre-douleur » pendant environ un mois. Le frappant pour un oui ou pour un non. Parce qu’il ne rangeait pas sa chambre. Faisait pipi au lit. Ou parce qu’il répondait mal. Puis l’adulte laissait l’enfant à ses blessures et retournait jouer à la Playstation pour se calmer.

Près de 150 blessures

La docteure Béatrice Digeon, qui avait examiné l’enfant le jour de sa mort, en a dénombré pas moins de 150. Responsable de la cellule maltraitance de l’hôpital de Reims, elle avait commencé un peu plus tôt sa déposition par cette mise en garde : « Il y a trop de lésions pour pouvoir les décrire une à une. Je vais donc procéder par zones ». Commence alors un exposé clinique, et non moins glaçant : « nez éclaté et extrêmement tuméfié », « rupture du frein de la lèvre », « front couvert d’hématomes », griffures et égratignures au visage. On passe aux épaules, aux bras, aux genoux, aux cuisses. Tous couverts d’ecchymoses, plus ou moins larges, plus ou moins anciennes. Viennent ensuite le thorax, l’abdomen, les jambes, et même le sexe… « Il y en a partout », résume la médecin.

Tony avait aussi le bassin fracturé, un tassement des vertèbres, des fractures costales – dont l’une a perforé le poumon. Mais le garçonnet est vraisemblablement mort d’une rupture de la rate et du pancréas, qui ont provoqué ces vomissements décrits par Caroline Letoile dans la semaine qui a précédé sa mort… Une blessure rare, le plus souvent constatée après un accident de voiture. Piétinement, coups de pied au ventre, comme suggéré par les légistes ? On ignore ce qui l’a causé, Loïc Vantal n’ayant reconnu que quelques coups de poing. Seule certitude pour le Dr Digeon : « Les lésions au pancréas sont extrêmement douloureuses, parmi les pires qui soient. Il a eu horriblement mal sur le moment, et tout au long de ce qui lui restait à vivre ».

C’était quel genre d’enfant, Tony ?

C’est désormais la seule question qui vaille, en effet. Policiers, pompiers ou médecins : tous ceux qui se sont succédé à la barre n’ont finalement fait que répéter l’horreur subie par Tony. Une « sordidité » même, selon Matthieu Bourrette, le procureur de la République, très remonté par cette affaire.

C’est d‘ailleurs lui qui a posé, à la mi-journée, la question amenant la seule réponse dont on devrait se souvenir. Dont on devra se souvenir. C’était quel genre d’enfant, Tony ? « C’était un enfant qui aimait jouer, bouger, qui avait de la vie, qui sautait, qui vivait, a détaillé Lydie Saintot sur la foi d’une enquête de voisinage. C’était un enfant de son âge… » Le procès de ses parents doit durer jusqu’à jeudi.

Avec Agences