Menacé d’expulsion, Papa Ndiaye est soutenu par ses collègues marins pêcheurs du Guilvinec

La solidarité des gens de mer s’organise au Guilvinec autour d’un marin sénégalais menacé d’expulsion. Pap N’diaye est arrivé dans ce port de pêche du sud-Finistère en 2017 pour y exercer son métier de pêcheur, « le seul que je connais depuis 22 ans » dit-il.

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Arrivé en France en 2014, Papa Ndiaye, d’abord matelot à Boulogne (Pas-de-Calais), est venu s’installer au Guilvinec (Finistère) en 2017. Depuis 2019, il travaille à bord du Manona, un bateau de 9,60 m armé pour la pêche au congre.

Au départ, arrivé du Sénégal avec un visa de travail, il s’est marié à une Française, son titre de séjour a alors été modifié. Séparé de celle-ci, condamné à 300 € d’amende pour des violences conjugales, il est désormais menacé d’expulsion. Il est sous le coup, depuis le 16 février, d’une obligation de quitter le territoire et est assigné à résidence.

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« J’ai ma vie ici »

Le patron du Manona a dû adapter sa marée pour que son matelot puisse se rendre à la gendarmerie entre 10 h et 12 h. « On ne peut plus sortir trop loin au cas où il y aurait un problème, souligne Kevin Le Fourn. Donc je calcule le coup pour que l’on finisse tôt »« C’est une grave perte pour l’entreprise, se désole Pap N’diaye. On travaille avec les marées, la lune, les vents, il n’y a pas d’horaires en mer ».

Pap N’diaye est un marin aguerri qui affiche 22 ans d’expérience. « Je ne sais faire que ça, je n’ai pas d’autre métier. Et puis, j’ai ma vie ici ». Le pêcheur est arrivé en France il y a sept ans, « il est entré légalement sur le territoire, avec un visa de travail » précise son avocat Jean-Marc le Crane.

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image: © Stéphane Soviller/France Télévisons

Un mariage avec une Française change la donne : il perd son titre de séjour salarié et bascule vers la case administrative « conjoint de Français ». Le couple se sépare et le pêcheur sénégalais se retrouve en situation irrégulière puisque la préfecture du Finistère s’appuie sur cette séparation pour refuser sa demande de carte de résident. « Alors que le couple s’est reformé depuis, note l’avocat de Pap N’diaye. La préfecture ne retient que les éléments à charge, passe sous silence toute son activité salariée et le dossier n’est pas actualisé ».

Une cagnotte de soutien

La ligne de défense de Jean-Marc Le Crane s’appuie sur un accord franco-sénégalais qui prévoit la délivrance d’un titre de séjour salarié. « C’est ce titre que nous voulons qu’il récupère car c’est prévu par des textes internationaux que la France a signés ».
L’association Pleine Mer a, de son côté, mis en place une cagnotte pour aider Pap N’diaye à payer ses frais d’avocat.

Charles Braine, le président de Pleine Mer, note l’ironie de l’histoire. « La France tente d’expulser les travailleurs étrangers dans le domaine de la pêche mais elle va exploiter les zones de pêche comme le Sénégal qui, historiquement, est riche en poissons. Résultat : moins de travail pour les pêcheurs locaux qui doivent aller chercher du travail ailleurs et notamment chez nous ».

image: © Muriel Le Morvan/France Télévisions

Une pétition pour dire « non à l’expulsion de Pap N’diaye » circule également et sera adressée à la préfecture du Finistère. Celui que ses collègues qualifient « d’excellent marin » collecte des attestations pour prouver son insertion professionelle. « Pêcheur, c‘est une passion. De toute façon, tu ne peux pas être marin sans passion. Je suis bien au Guilvinec, j’y ai un avenir ».

Sources: france3Ouest-France

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