Michel-Edouard Leclerc demande une commission d’enquête parlementaire après des hausses de prix « suspectes »

Le président du comité stratégique des centres E. Leclerc a souhaité, ce jeudi 30 juin 2022, la création d’une commission d’enquête pour obliger les industriels à une plus grande transparence sur l’origine de la hausse des prix.

publicités

“La moitié des hausses de prix” demandées par les industriels de l’agro-alimentaire “ne sont pas transparentes et sont suspectes”, a jugé Michel-Édouard Leclerc ce jeudi 30 juin sur le plateau de BFMTV. Le président du comité stratégique des centres E. Leclerc a appelé le Parlement à se pencher sur le sujet.

« J’aimerais bien que les députés […] ouvrent une commission d’enquête sur les origines de l’inflation, sur ce qui se passe sur le front des prix depuis les transports jusqu’aux consommateurs », a-t-il expliqué, jugeant que « beaucoup des hausses demandées sont des hausses d’anticipation, voire de spéculation ».

publicités

Devant la flambée des coûts de production liés au redémarrage de l’économie post-Covid-19 ainsi qu’à la guerre en Ukraine, le gouvernement avait appelé mi-mars distributeurs et industriels de l’agroalimentaire à se remettre autour de la table pour revoir les contrats tout juste signés le 1er mars à l’issue des négociations commerciales. Ces contrats fixent le prix de certains des produits qui seront vendus dans l’année en grandes surfaces et le premier round des négociations avait abouti à une augmentation moyenne de 3 % des prix facturés par les industriels aux distributeurs.

Les bénéfices des multinationales de transports pointés du doigt

Or, estime aujourd’hui Michel-Edouard Leclerc, ces renégociations ont « donné la prime à la surenchère ». « Quand un fournisseur arrive avec ses factures, on lui demande la transparence. Je comprends que les petites entreprises (soient fortement affectées par) le prix du verre, de l’aluminium », a-t-il assuré. « Pour les plus petits que nous, on a du discernement et on (accepte) leurs hausses » de prix.

publicités

Il a en revanche stigmatisé « les grandes entreprises internationales » qui sont arrivées « avec des factures de transport en augmentation de 15, 20, 30 %, notamment les prix des containers qui ont augmenté de 30 % ». Ce, alors que « les sociétés de transport sortent des bénéfices par milliards l’année dernière », a-t-il dit. Autre exemple, les « fabricants de produits à base de chocolat ou de cacao qui invoquent l’Ukraine pour une augmentation de 15 % de tarif sur les barres chocolatées ou la confiserie… », a-t-il ajouté.

La gauche enthousiaste

« Excellente suggestion », a réagi le député PS et premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure dans un tweet, ironisant : « (précision utile pour sa bonne réputation, il n’est pas Nupes) ». Le président du groupe PS à l’Assemblée nationale Boris Vallaud a jugé « important qu’un chef d’entreprise le dise ». « Ces hausses de prix ne sont pas tenables, il faut transparence et action. Cette demande d’une commission d’enquête parlementaire doit être regardée. Le gouvernement a-t-il saisi les autorités de la concurrence ? », a-t-il aussi demandé dans un tweet.

Pour la députée LFI Clémentine Autain, « l’augmentation de l’inflation est directement corrélée aux immenses sommes données aux grands groupes sans aucune contrepartie ». « Excellente idée que cette commission d’enquête, nous avons besoin de savoir », a-t-elle ajouté.

Avec AFP

Franbuzz sur Facebook

Répondre