Oui, une clinique a refusé une patiente n’ayant pas de pass sanitaire

Le témoignage d’un ambulancier indigne de nombreux internautes.

20 Minutes : Une vidéo « pour tirer […] la sonnette d’alarme » : sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes relayent une séquence d’une trentaine de secondes montrant un homme vêtu d’une blouse médicale discourir au volant de sa voiture.

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Il y affirme d’un air grave : « Je suis ambulancier et aujourd’hui, nous avons déposé une patiente dans une clinique privée pour effectuer un examen du cœur. Petit examen qui lui a été refusé [au] seul et unique motif que cette dame n’a pas pu présenter de pass sanitaire. »

« Donc aujourd’hui, on s’assoie sur le serment d’Hippocrate, on s’assoie aussi sur la liberté d’accès aux soins. C’est inadmissible ! », conclut-il, alors que le pass sanitaire ne sera normalement requis dans les hôpitaux – sauf en cas d’urgence – qu’à compter du 9 août, selon les dernières prévisions du gouvernement.

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FAKE OFF

Si 20 Minutes n’a pas été en mesure de contacter l’auteur de la vidéo, la société d’ambulance mentionnée sur sa blouse confirme à 20 Minutes, qu’il s’agit bien d’un ses salariés.

« Nous avons appris l’existence de cette vidéo grâce à des mails reçus à ce sujet. J’ai demandé [à ce salarié] s’il en était bien l’auteur et il me l’a confirmé. C’est très bien qu’il poste des choses comme ça, pour que les gens voient la réalité du terrain : il a bien emmené cette dame dans une clinique, où elle a été refusée », indique-t-elle.

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« Du coup, il a fallu la ramener chez elle, ce qui fait des coûts pour rien auprès de la Sécurité sociale et nous fait faire des allers-retours inutiles. Le problème va se présenter de plus en plus régulièrement [avec le pass sanitaire] », déplore en outre la société.

« Une situation problématique » survenue dans « certains territoires »

Un constat partagé par la Chambre nationale des services d’ambulances (CNSA), comme l’explique son secrétaire général, Guillaume Narguet, à 20 Minutes : « Cette situation problématique s’est déjà présentée dans certains territoires, et bientôt dans le Grand Est où l’ARS impose aux centres hospitaliers, à partir du 1er août, de placer un vigile à l’entrée de l’établissement pour vérifier les pass sanitaires alors que la loi n’est pas encore promulguée. »

« Cette situation et ce flou sont problématiques : comment assurer le transport programmé d’un patient – une dialyse mensuelle, par exemple – s’il n’a pas de pass sanitaire et qu’il est refoulé à l’entrée de l’hôpital ? L’Assurance Maladie va-t-elle prendre en charge le trajet retour dans ce cas de figure ? », poursuit Guillaume Narguet, en espérant avoir bientôt des précisions du ministère autour de l’application de ce nouveau protocole.

Ce qui n’empêche pas le secrétaire général de la CNSA d’émettre dès maintenant une prévision peu rassurante : « La profession est déjà en souffrance à cause de ses problèmes de recrutement et d’attractivité et, pour ne rien arranger, nous estimons qu’entre 10 à 15 % du personnel ambulancier ne pourra pas assurer son service à cause du pass sanitaire. »

Source: 20 Minutes

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