Pas de date de réouverture pour les restaurants, cafés, bars et salles de sport – l’espoir de la repise le 20 janvier s’éloigne

Le gouvernement a déjà pris la décision de reporter la réouverture des bars, restaurants et salles de sport, initialement prévue pour le 20 janvier. Un coup dur mais pas vraiment une surprise.

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La date du 20 janvier 2021, fixée fin novembre par le président Emmanuel Macron comme le début du déconfinement total en France, synonyme de réouverture pour les bars et restaurants, ne devrait finalement être qu’un jour avec le rideau fermé pour les professionnels du secteur.

Pas de bonne surprise pour les restaurateurs. Reçus ce mardi par Bruno Le Maire et Alain Griset, ministre délégué chargé des Petites et moyennes entreprises, les représentants du secteur ont eu la confirmation qu’ils ne pourraient pas rouvrir le 20 janvier comme prévu.

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Emmanuel Macron avait conditionné cette réouverture à un plafond de contaminations limité à 5000 cas par jour. Mais vendredi dernier, on en était encore à 19.348 en 24 heures. Désespérés, les restaurateurs demandent plus au gouvernement.

Annonce au conditionnel

Le conditionnel a toujours été utilisé par le gouvernement pour évoquer cette date du 20 janvier. Lors de son allocution du 24 novembre pour annoncer les étapes du deuxième déconfinement, Emmanuel Macron l’avait ainsi avancé pour la première fois en précisant bien que cela dépendrait d’un « si », à savoir un nombre de contaminations en dessous de 5.000 par jour. Un niveau jamais atteint, y compris au mois de décembre alors que la première étape devait pourtant en dépendre. Pendant les deux semaines de vacances de Noël, les nouveaux cas positifs au Covid-19 ont oscillé entre 3.000 et 21.000 selon les jours.

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Mi-décembre, le Premier ministre Jean Castex restait aussi prudent lorsqu’il était interrogé sur la date du 20 janvier au micro d’Europe 1, soulignant alors ne pas pouvoir la « garantir ». Son entourage confiait d’ailleurs dans l’édition d’hier du Journal du Dimanche « préparer les professionnels – salles de sport, restaurateurs, cafetiers – à l’idée que très vraisemblablement ils ne rouvriront pas le 20 janvier ». Ne reste plus qu’à attendre le couperet final, visiblement sans grand espoir d’y échapper.

Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, et Alain Griset, ministre chargé des Petites et Moyennes Entreprises
ont reçu, ce mardi 5 janvier, les représentants des restaurateurs. — Jacques Witt

De la visibilité et une action à long terme

L’inquiétude réside aussi et surtout dans le manque de visibilité sur les semaines et mois à venir. C’était d’ailleurs l’une de demandes de la délégation reçue cet après-midi à Bercy : une date de réouverture ferme et définitive. Cette information, Amin, du restaurant Aux Plumes de la rue Boulard (14e arrondissement), y tient : « On a besoin de savoir où on va, et on veut être prévenu en amont, qu’on puisse préparer les stocks, la carte et organiser le staff. »

Les restaurateurs ont aussi demandé ce mardi un maintien des aides jusqu’à la fin de l’épidémie. Mais Laurent Villa, président du groupe Beefhouse restaurant, craint un effet domino pour les Prêts garantis par l’Etat : « Comme c’est parti, personne ne pourra les rembourser. Les dettes vont s’accumuler et la notation bancaire des établissements va chuter, si bien qu’ils ne pourront plus emprunter au sortir de cette crise. » Sans compter les bailleurs qui, selon lui, avaient pour beaucoup fait des efforts sur les loyers mais commencent à réclamer leur dû. « C’est à cela que servent les subventions désormais, juste à rembourser les loyers. » D’où sa requête : que les notations bancaires soient gelées et que les prêts garantis par l’Etat soient transformés en quasi-fonds propres pendant deux ans, pour éviter un effondrement généralisé.

Pas de date de réouverture mais des aides étendues

Au sortir de la réunion à Bercy, les membres de la délégation affichaient une satisfaction modérée. Selon certains d’entre eux, le gouvernement, voulant éviter à tout prix un troisième confinement, a refusé de fixer une date pour la réouverture. Bruno Le Maire a en revanche assuré que les aides seraient maintenues jusqu’à cette date, et que certaines seraient renforcées. Le Prêt garanti par l’Etat devrait ainsi être étendu d’un an.

Une nouvelle aide, d’un montant maximum de 25 % du chiffre d’affaires des établissements et remboursable sur une dizaine d’années, devrait aussi être mise en place. Enfin, la prise en charge de dix jours de congé par l’Etat, et pour les entreprises de secteurs en difficultés, sera étendue jusqu’au 31 mars (contre le 31 janvier jusqu’aujourd’hui). En revanche, les crédits d’impôts réservés aux bailleurs, pour les inciter à soutenir les commerces, devraient être supprimés, faute de résultats.

Un point d’étape prévu en fin de semaine prochaine

Alors que beaucoup de discours officiels parlaient de l’année 2021 comme une sortie du tunnel, avec un vaccin qui permettrait de voir les choses s’arranger, les chiffres inquiétants dans l’Est de la France ont poussé le gouvernement à changer de braquet. À commencer par avancer de 20H à 18H le couvre-feu dans quinze départements. La situation étant sujette à évolution, un nouveau point d’étape devrait avoir lieu le samedi 9 janvier. Le gouvernement évaluera alors l’impact des restrictions supplémentaires qui ont été prises jusqu’alors et l’intérêt de nouvelles limitations. Et la non-réouverture des restaurants, cafés et salles de sport devrait.

D’autant que l’avenir ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. Le Conseil scientifique dit d’ores et déjà craindre un rebond « incontrôlé » dans les prochaines semaines, notamment en raison des fêtes de fin d’année. À cela, il faut ajouter les conditions hivernales qui facilite grandement la circulation du virus, comme le montre une récente étude de Predict, une filiale de Météo-France. Les dernières données de Santé publique France montrent même une légère hausse du nombre de patients hospitalisés et en réanimation, après une baisse continue ces derniers jours. « On a encore quatre mois d’efforts collectifs à faire », a estimé ce dimanche le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, interrogé par le JDD. Pas de quoi arranger les affaires des restaurateurs, déjà aux abois.

avec 20Minutes

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