Peut-on encore éviter une nouvelle vague épidémique comme en Allemagne ou en Autriche ?

La France va devoir prendre des mesures pour éviter le nouveau pic épidémique qui frappe de plein fouet plusieurs pays européens.

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Faut-il s’inquiéter du rebond des contaminations dans le pays ? Confrontée à une nouvelle hausse du nombre de cas de Covid-19 depuis quelques semaines, la France a réinstauré ce lundi de nouvelles mesures, dont le port du masque obligatoire à l’école primaire sur tout son territoire.

Selon les chiffres officiels, sur les sept derniers jours, le nombre de nouveaux cas est repassé au-dessus des 10.000 en moyenne. Invité lundi d’Europe 1, le Pr Didier Pittet, épidémiologiste et chef du service de contrôle des infections aux Hôpitaux Universitaires de Genève, est revenu sur la situation épidémique actuelle et appelle à retrouver de la discipline sur les gestes barrières.

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« Par rapport à la couverture vaccinale, la France est parmi les pays qui ont le mieux avancé », assure le spécialiste. Mais, ajoute-t-il aussitôt, « cette couverture vaccinale est encore insuffisante pour pouvoir arrêter la circulation du virus ou en tout cas la stopper de manière extrêmement significative ». « Elle la stoppe, mais il y a encore une proportion de la population qui n’a jamais été en contact avec le virus et qui pourrait être infectée ou le transmettre ».

La France observe elle aussi une hausse des cas. Si elle ne veut pas se retrouver dans la même situation que la Russie, ou plus récemment que l’Allemagne qui a atteint dimanche un nouveau taux record d’infections avec 289 cas pour 100.000 personnes, les prochaines semaines seront décisives. Plusieurs solutions permettraient d’enrayer une cinquième vague épidémique de coronavirus, rapporte 20 Minutes.

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Quelles solutions ont déjà été adoptées par le gouvernement français ?

Face à la reprise épidémique observée dans toutes les régions de France, le gouvernement a déjà mis en place plusieurs mesures. Après avoir été levé pendant quelques semaines, le masque est de nouveau obligatoire dans toutes les écoles depuis ce lundi. Lors de sa dernière allocution, Emmanuel Macron a également annoncé qu’à partir du 15 décembre, le pass sanitaire serait conditionné à une troisième dose de vaccin anti-covid pour les plus de 65 ans. « C’est une obligation qui est assez facile à tenir car ce sont des gens qui se sont déjà vaccinés. Ça fait du chiffre mais ce n’est pas ça qui va permettre d’éviter une submersion des hôpitaux », souligne Anne Sénéquier, co-directrice de l’observatoire de la santé mondiale à l’Iris. Pour l’experte, il faut avant tout accélérer la vaccination des personnes qui ne le sont pas du tout.

Et pénaliser les non-vaccinés ?

« On sent qu’il y a une ligne rouge que le gouvernement ne veut pas passer, surtout en période électorale, c’est l’obligation vaccinale généralisée », estime Anne Sénéquier, autrice du livre La géopolitique, tout simplement. Le gouvernement pourrait en revanche envisager de nouvelles restrictions pour encourager ou contraindre les personnes non vaccinées à franchir la porte d’un centre de vaccination. La possibilité d’un nouveau confinement a été envisagée samedi soir par Gabriel Attal. En revanche, Christophe Castaner, le patron des députés LREM a assuré que la majorité présidentielle « ne souhaite pas » que la mesure ne s’applique qu’aux non-vaccinés, comme c’est le cas depuis ce lundi en Autriche.

A ce sujet, la France qui enregistre un des meilleurs taux de vaccination d’Europe n’a pas à se montrer aussi drastique que l’Autriche et ses 35 % de non-vaccinés ou encore de l’Allemagne qui n’arrive pas à dépasser les 70 % de personnes vaccinées. « 70 % sur 83 millions de personnes, ça n’a pas le même impact que les 75 % de vaccinés sur 67 millions de Français, explique Anne Sénéquier. En France ça fait donc 5,5 millions de personnes non-vaccinées contre 27 millions en Allemagne. »

Quels sont les autres leviers pour enrayer la cinquième vague ?

Comme la vaccination n’empêche pas d’être porteur de la maladie, ni de la transmettre, la campagne vaccinale ne peut être le seul bouclier face au coronavirus. Les gestes barrières « sont efficaces face aux variants très contaminants », assure Anne Sénéquier qui observe une certaine lassitude des Français avec ces contraintes et un certain « relâchement » des personnes vaccinées. « Les gens ont le réflexe de se laver les mains, mais beaucoup se font à nouveau la bise », explique-t-elle.

La co-directrice de l’observatoire de la santé mondiale à l’Iris craint également qu’avec l’arrivée du froid, les Français ne pensent plus à ouvrir les fenêtres. « L’aération des lieux clos est un point essentiel surtout à cette période alors que l’on entre dans l’hiver. On a tendance à trop sous-estimer les transmissions aéroportées du virus. » L’experte invite à réadhérer à ces mesures barrières pour tenir le cap et surtout passer l’hiver.

Les solutions sont-elles entre les mains des Français ?

Alors qu’on ne les avait pas trop vus l’année dernière en raison des mesures barrières et du confinement, d’autres virus comme la bronchiolite, la gastro ou la grippe circulent beaucoup en ce moment et se retrouvent à l’hôpital. Les vaccins protègent à 95 % des formes graves du coronavirus, mais « avec 5,5 millions de personnes non vaccinées en France, cela suffit largement à submerger les hôpitaux puisqu’il n’y a que 10.000 places en réanimation », explique Anne Sénéquier.

Récemment, le rapport de l’ARS a établi que seule 2 % des hospitalisations en 2020 étaient dues au covid-19. « L’hôpital n’est pas là que pour gérer les urgences liées au coronavirus et si 2 % d’hospitalisations covid peuvent générer un tel chaos, c’est que l’état de notre système de santé est problématique », pense Anne Sénéquier. Pour elle, il nécessite « une réforme drastique pour être fonctionnel au quotidien et plus résistant face à ce qui se passe en ce moment et risque de perdurer. »

Sources: 20 MinutesEurope 1

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