Plusieurs centaines de migrants montent un campement place de la République à Paris – Darmanin dénonce des images «choquantes»

Aussitôt installé, aussitôt démantelé. Un nouveau campement de plusieurs centaines de migrants ce lundi 23 novembre au soir, place de la République, a été rapidement et violemment démantelé par les forces de l’ordre. Gérald Darmanin a évoqué des images « choquantes » et a demandé un rapport au préfet de police.

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Les forces de l’ordre ont violemment démantelé lundi 23 novembre un camp de migrants quelques minutes après son installation place de la République, à Paris. Le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin a déploré des images « choquantes ». Plusieurs centaines de migrants sont toujours en errance dans la capitale, sans solution de logement.

Plusieurs centaines de migrants, en errance depuis l’évacuation d’un important camp d’exilés la semaine dernière, ont monté lundi 23 novembre dans la soirée un nouveau campement dans le centre de Paris, que les forces de l’ordre ont démantelé sans ménagement dans la soirée en faisant notamment usage de gaz lacrymogène.

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En moins de deux minutes, environ 500 tentes bleues se sont déployées sous la statue de la République, vite investie par des centaines d’exilés, pour l’écrasante majorité originaires d’Afghanistan.

« C’est trop violent, on veut juste un toit »

À peine une heure après l’installation, les forces de l’ordre ont commencé à enlever une partie des tentes, parfois avec des exilés encore à l’intérieur, sous les cris et huées de militants et de migrants. Shahbuddin, Afghan de 34 ans, revisse un bonnet gris sur son crâne et sanglote après avoir été sorti de sa tente : « C’est trop violent, on veut juste un toit ».

Et c’est finalement sous les tirs de gaz lacrymogène et de grenades de désencerclement que quelques centaines d’exilés et leurs soutiens ont finalement été dispersés par les forces de l’ordre dans les rues de l’hypercentre de Paris.

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Source de vidéo: 20Minutes

Des images « choquantes », selon Gérald Darmanin

Le démantèlement par les forces de l’ordre du campement a donné lieu à des images « choquantes », a écrit le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, qui a demandé un « rapport » au préfet de police.

« L’Etat donne de lui-même un spectacle lamentable » en apportant « une réponse policière à une situation sociale », a commenté Ian Brossat, adjoint de la mairie de Paris en charge notamment de l’accueil des réfugiés. Plus tard dans la nuit, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a évoqué des images « choquantes ». « Je viens de demander un rapport circonstancié sur la réalité des faits au préfet de police d’ici demain midi. Je prendrai des décisions dès sa réception », a-t-il ajouté.

Démantèlement d’un campement à Saint-Denis

Plus de 3.000 personnes, principalement des hommes afghans, avaient bénéficié d’une mise à l’abri dans des centres d’accueil ou des gymnases en Ile-de-France mardi dernier, à l’issue du démantèlement d’un très important campement informel qui s’était constitué depuis l’été sous une bretelle d’autoroute près du Stade de France, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

Mais entre 500 et 1.000 personnes n’avaient pas bénéficié de cette opération et se trouvaient depuis en errance dans les rues en lisière de Paris, selon les associations qui leur viennent en aide et qui dénoncent notamment des abus policiers.

La semaine dernière, la vidéo diffusée par un journaliste de l’errance forcée de certains de ces exilés, forcés à marcher toute la nuit encadrés par des policiers qui refusent de les laisser s’installer pour dormir, avait notamment suscité une vague d’indignation dans le milieu associatif et politique.

Avec AFP

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