Rave à Redon. « Les gendarmes ont détruit notre matériel » : plus de 100 000 € de préjudice estimé

Les participants à la rave party illégale installée à Redon (Ille-et-Vilaine), depuis la nuit du 18 au 19 juin, dénoncent la casse de leur matériel par les forces de l’ordre et une « répression croissante » des fêtes soundsystem.

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« Il n’y a pas eu d’évacuation. Il n’y a pas eu de saisie de matériel. Il n’y a eu que de la destruction. » Les teufeurs de Redon ont été surpris par l’intervention des forces de l’ordre, qui ont mis fin à la rave party organisée à l’hippodrome, en coupant le son, samedi après-midi, vers 17 heures. Sortant des buissons et dispersant un nuage de gaz lacrymogène, « les gendarmes ont agi avec des tonfas, des haches et des masses », rapporte Victor Lacroix, président de l’association Média’son, connue dans le monde de la free party.

« Ils étaient animés par la colère et ont détruit le matériel, en dehors de tout cadre légal, estime-t-il. Car c’est un procès qui doit décider du devenir du matériel, quand celui-ci a été saisi. »

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VIA: Ouest-France

« La préfecture a refusé tout dialogue »

Les fêtards estiment à « plus de 100 000 € » le montant du préjudice matériel. « Pour un ordinateur portable et un contrôleur, il faut compter entre 1 000 € et 2 000 €. Un ampli, ça vaut 1 000 € pièce. Ils en ont détruit des dizaines », détaille Victor Lacroix.

Pour les celles et ceux ayant loué des génératrices, « ils vont perdre leur caution, qui atteint souvent 2 000 € ». À charge ensuite, pour le loueur, de tenter d’obtenir réparation…

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image: FRANCK DUBRAY / OUEST FRANCE

Selon le président de Média’son, cette intervention des gendarmes et CRS témoigne d’une « répression » croissante des rave partys. « On a passé un cap. On n’a jamais vu une telle façon de faire. » Il pense qu’une discussion était possible avec les organisateurs de la fête sauvage. « Mais la préfecture a refusé tout dialogue avec les associations partantes pour faire de la médiation entre les autorités et le sound system. »

La préfecture avait pris un arrêté, diffusé le 17 juin, qui interdisait tout teknival ou rave party, « face aux risques d’ordre public et sanitaire que représente ce type de regroupement », avait-elle indiqué.

« Des gens auraient pu tomber à l’eau »

Comme d’autres participants, Victor Lacroix a craint qu’un drame se produise, deux ans après la mort de Steve Maia Caniço, à Nantes, lors de la fête de la musique, en 2019. Parce que si des canots pneumatiques ont été installés par les secours sur la rivière L’Oust, qui bordait le site où se tenait la rave, « des gens auraient quand même pu tomber à l’eau. Ils n’étaient pas prêts, ni physiquement ni moralement, à ce que les forces de l’ordre interviennent comme ça ».

image: FRANCK DUBRAY / OUEST FRANCE

Il déplore par ailleurs que les secours de l’ARS (Agence régionale de santé) aient été maintenus à l’écart : « Une demande de corridor d’accès au site avait été faite à midi. Ils ont pu arriver vingt minutes après l’intervention des gendarmes, en fin d’après-midi. Certaines blessures se sont aggravées faute de pouvoir recevoir des soins. Je pense notamment à une fille avec la mâchoire déboîtée. Elle a dû attendre longtemps avant qu’on s’occupe d’elle. »

Lui a quitté le site samedi soir, comme la plupart des teufeurs. 250 sont restés dormir sur place, tandis qu’ils étaient jusqu’à 1500, rassemblés sur le site de l’hippodrome, depuis la nuit du 18 au 19 juin. De violents affrontements avec les gendarmes avaient précédé l’installation, faisant sept blessés. Un Rennais de 22 ans a eu la main arrachée dans des circonstances qui restent à déterminer. Il a dû être amputé.

Source: Angélique CLÉRET pour Ouest-France

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