Sous pression, McDonald’s, Coca-Cola, Starbucks et plusieurs d’autres groupes quittent la Russie

Les symboles de l’Amérique, Coca-Cola, Starbucks, McDonald’s, KFC, ou encore Pizza Hut, quittent un à un le marché russe sous la pression des réseaux sociaux La chaîne américaine de fast-food, McDonald’s, a annoncé mardi sa décision de fermer temporairement ses 850 restaurants et de suspendre toutes ses opérations dans le pays.

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Plusieurs de ces entreprises, symboles de la culture américaine dans le monde, faisaient depuis quelques jours l’objet d’un appel au boycott sur les réseaux sociaux, tandis que des investisseurs commençaient à poser des questions.

McDonald’s a décidé mardi de fermer temporairement ses 850 restaurants en Russie. Le groupe compte dans le pays 62 000 employés, qu’il va continuer de payer, et de multiples fournisseurs. La Russie représente 9 % de son chiffre d’affaires et 3 % de son bénéfice opérationnel. « Dans le même temps, respecter nos valeurs signifie que nous ne pouvons pas ignorer les souffrances humaines inutiles qui se déroulent en Ukraine », a ajouté M. Kempczinski.

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Coca-Cola a annoncé mardi qu’il cessait temporairement ses opérations en Russie. Son concurrent PepsiCo prévoit pour sa part de suspendre la vente de ses boissons mais de continuer à fournir des aliments.

Coca-Cola ne donne pas de détails sur ses activités exactes dans le pays, le groupe soulignant seulement dans un bref communiqué qu’il va continuer « de surveiller et d’évaluer la situation à mesure que les circonstances évoluent ». Le patron de PepsiCo, Ramon Laguarta, a de son côté rappelé que son entreprise était présente depuis plus de 60 ans en Russie. Il a aussi mis en avant l’importance de continuer à soutenir ses 20 000 collaborateurs dans le pays.

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Ventes suspendues et fermetures temporaires

Yum ! Brands, dont les quelque 1 000 restaurants KFC et 50 établissements Pizza Hut en Russie sont presque tous gérés par des propriétaires indépendants, avait de son côté annoncé lundi soir l’arrêt de ses investissements dans le pays.

Mardi, le groupe a ajouté que l’activité des restaurants KFC qu’il gère en mains propres était suspendue. Quant aux franchises de Pizza Hut, elles devraient l’être aussi, a indiqué Yum ! Brands dans un communiqué. Le groupe a précisé que les profits tirés des activités en Russie seraient redirigés vers des actions humanitaires.

Starbucks, qui jusqu’à présent faisait valoir que ses 130 cafés en Russie étaient gérés sous franchise par un groupe koweïtien, a finalement indiqué mardi que ce dernier avait accepté de fermer temporairement les établissements portant son nom.

Près de 300 entreprises se retirent

Au total, plus de 290 grandes entreprises ayant une présence importante en Russie ont annoncé leur retrait, selon un inventaire tenu à jour par une équipe de l’université de Yale. Son initiateur, le professeur de gestion Jeffrey Sonnenfeld, a plusieurs fois mis en avant le rôle qu’avait eu dans la chute de l’Apartheid le départ volontaire de 200 grands groupes de l’Afrique du Sud dans les années 1980.

Une trentaine de multinationales restent encore sur la liste des entreprises ayant une exposition significative à la Russie.

Certains groupes peuvent avoir des raisons légitimes de rester, remarquent plusieurs experts en éthique et communication, citant en premier lieu la sécurité des employés. « Certaines sociétés peuvent être hésitantes car elles pensent pouvoir jouer un rôle d’intermédiaire entre les parties ou parce qu’elles fabriquent dans le pays des produits essentiels comme des ingrédients pharmaceutiques », remarque aussi Tim Fort, professeur en éthique des affaires à l’Université d’Indiana.

« Se demander ce qui se passe »

La décision d’une seule entreprise « ne va pas faire pencher la balance, mais il y a un effet d’accumulation », avance M. Fort.

Et une société aussi connue que McDonald’s peut avoir une réelle influence en Russie au moment où la population n’a presque plus accès qu’au discours officiel, qui minimise l’ampleur du conflit. « Les Russes pourront survivre sans Big Mac, mais ils vont surtout se demander pourquoi McDonald’s ferme, se demander ce qui se passe vraiment », dit l’expert.

Pour Richard Painter, professeur à l’Université du Minnesota, les entreprises doivent penser au message à faire passer, à savoir que « la Russie ne peut pas engager une guerre en Ukraine tout en participant à l’économie mondiale ».

Pour Mark Hass, spécialiste de la communication à l’Université de l’Etat de l’Arizona, les intérêts économiques des entreprises qui ont choisi jusqu’à présent de ne pas quitter la Russie » dépassent encore sans doute les risques pour leur réputation «.

Certains groupes font peut-être le pari que les critiques vont pleuvoir à court terme, avant de retomber.

Avec AFP

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