Strasbourg : Des riverains se mobilisent contre la destruction du bois de Bussière par la mairie écologiste

Pétition soumise aux Robertsauviens sur le marché, réunion d’information place des Chèvres… Les riverains de la rue de Bussière se mobilisent contre le projet de construction de Nexity qui menace leur petit bois.

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A l’occasion du dernier conseil municipal lundi, l’élu d’opposition Jean-Philippe Vetter (LR) a dénoncé la réalisation d’un projet immobilier, rue de Bussière à Strasbourg, et a accusé la majorité de « détruire un morceau de forêt » dans ce secteur arboré.

Suzanne Brolly, l’adjointe en charge de l’urbanisme et des espaces verts, a défendu de son côté la stratégie de la Ville en matière d’urbanisme, expliqué les marges de manœuvre limitées dont elle dispose dans ce dossier, et fait valoir la difficulté de conjuguer certains objectifs parfois antagonistes.

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Pourtant, le 11 juin dernier, un permis de construire a été délivré par la mairie au promoteur Nexity afin d’y construire deux immeubles et une maison. Cette parcelle est pourtant en théorie protégée par le Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) de la ville.

Quelques-uns des habitants de la rue de Bussière mobilisés contre le projet qui menace leur bois – image: © Radio France – Marie Maheux

Deux immeubles et une maison individuelle

Le projet immobilier rue de Bussière prévoit la construction de « deux immeubles de logements collectifs et d’une maison individuelle, soit 30 logements avec l’un des deux immeubles dédiés à des logements sociaux », a rappelé Mme Brolly.

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« Il semblerait, que sans concertation ni information des habitants, vous ayez accepté de remplacer cet espace forestier par deux immeubles et une maison individuelle. Par ailleurs, ce permis de construire date de quelques jours seulement avant la modification 3 du PLUI, que vous avez voté, et qui aurait protégé cet [espace]. Ma question est simple Mme la maire : s’agit-il d’une erreur de la part de votre municipalité ? » Jean-Philippe Vetter – Elu d’opposition

« Je n’imagine pas que cette décision de détruire un morceau de forêt, par ailleurs protégé par une délibération que vous avez vous même voté, soit intentionnelle, sans que les habitants n’aient leur mot à dire », conclut M. Vetter, qui rappelle qu’une pétition de riverains s’opposant à ce projet a déjà récolté plus de 24 000 signatures.

Les riverains se mobilisent

C’est un panneau de permis de construire installé dans le quartier qui a fait découvrir le projet de remplacement du bois aux résidents du quartier.

« Il y a tout un écosystème dans ce bois, des oiseaux, des écureuils… C’est un des seuls poumons verts du quartier, la mairie a déjà beaucoup bétonné dans cette zone », souligne l’une des résidentes qui vit dans le quartier depuis 20 ans, sur le média Top music.

Ayant tenté de contacter la mairie sans succès en juillet, les riverains ont depuis installé de grandes bâches avec des slogans tels que « Le bois de Bussière en danger » ou encore « Sauvons le bois de Bussière ».

En outre, une pétition en ligne a aussi été lancée afin de s’opposer au projet, elle recueille déjà plus de 33 000 signatures.

Vue du quartier de Bussière à Strasbourg – Capture d’écran Google Map

La position de la mairie

En septembre dernier, un élu de l’opposition, Jean-Philippe Vetter (LR), a abordé la question en conseil municipal, précisant : « Ce permis de construire date de quelques jours seulement avant la modification 3 du PLUI, que vous avez voté, et qui aurait protégé cet [espace] ».

Rappelant que la demande de permis avait été déposée en janvier 2021 mais accordée en mai donc, « sans précipitation », Suzanne Brolly, l’adjointe en charge de l’urbanisme et des espaces verts se défend d’une forme d’impuissance de leur part face à certains lois immobilières sur Actu.fr : « Il est erroné de dire que je me suis dépêchée de signer ce permis, car il faut savoir que le promoteur n’avait pas d’obligation de respecter la modification 3 [du PLUI], puisqu’il avait obtenu un certificat d’urbanisme. Donc en aucun cas je ne pouvais faire appliquer la modification 3 ».

La société Nexity avait déjà fait une première demande en 2016, refusée à l’époque.

Sur Actu.fr, Mme Brolly affirme avoir privilégié le fait de « signer le permis pour qu’il ne soit pas tacite et que les prescriptions complémentaires proposées soient prises en compte », telles que la préservation d’arbres remarquables du bois et la replantation.

Défendant un urbanisme « résilient », Mme Brolly a ainsi souligné : « Nous devons trouver le juste équilibre entre la part du territoire bâti, la part de terre agricole pour garantir un territoire nourricier et la préservation des espaces de nature pour adapter le territoire aux dérèglements climatiques, tout en renforçant la biodiversité ».

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