Stupeur au gouvernement : Après sa condamnation, le ministre Alain Griset remet sa démission à Emmanuel Macron

Suite à sa condamnation à une peine de prison avec sursis pour « déclaration incomplète ou mensongère de sa situation patrimoniale », le ministre délégué aux PME, Alain Griset, a démissionné. L’Élysée a annoncé le nom de son remplaçant : il s’agit de Jean-Baptiste Lemoyne.

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Alain Griset, le ministre délégué chargé des Petites et Moyennes Entreprises, quitte le gouvernement après avoir été condamné à six mois de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité avec sursis pour déclaration incomplète de sa situation patrimoniale. S’il a fait appel de cette décision, il a présenté sa démission à Emmanuel Macron et Jean Castex.

L’Élysée n’aura pas mis beaucoup de temps à réagir. Alors qu’Alain Griset a démissionné dans l’après-midi de son poste de ministre délégué aux PME (Petites et moyennes entreprises), ce mercredi 8 décembre, un remplaçant a d’ores et déjà été annoncé. Il s’agit de Jean-Baptiste Lemoyne.

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Jusqu’ici secrétaire d’État chargé du Tourisme, des Français de l’étranger et de la Francophonie, il est, depuis septembre 2014, sénateur de l’Yonne. Apparenté Les Républicains lors de sa première élection à cette fonction, il avait rejoint le gouvernement d’Edouard Philippe en juin 2017. Il occupait alors le poste de secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.

Alain Griset condamné

Ce mercredi 8 décembre, les juges du tribunal correctionnel de Paris avaient sans grande surprise condamné Alain Griset pour « déclaration incomplète ou mensongère de sa situation patrimoniale », à 6 mois de prison avec sursis et 3 ans d’inéligibilité avec sursis. Une peine de 10 mois de prison avec sursis avait été auparavant requise. Le ministre délégué chargé des petites et moyennes entreprises s’attendait à être reconnu coupable, il avait même évoqué son avenir politique sur France Info en septembre, avant les réquisitions du parquet. « Je ne pense pas que j’ai manqué au rendez-vous que m’a fixé le président de la République. Je continuerai tant que le président me fait confiance sur ce travail », avait-il indiqué, lorsqu’on lui demandait s’il démissionnerait en cas de condamnation.

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Alain Griset avait donc mis son avenir entre les mains d’Emmanuel Macron, qui a très probablement donné quelques consignes. C’est la première fois qu’un ministre en exercice est condamné par un tribunal correctionnel, pour manquement auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), créée sous l’impulsion de François Hollande durant son mandat de président. L’actuel locataire de l’Elysée était face à une certitude : si Alain Griset restait à ses fonctions, la HATVP en serait sortie affaiblie, tout comme l’exigence d’exemplarité des ministres. Alain Griset a fait savoir qu’il allait interjeter appel, mais a officiellement présenté sa démission.

Alain Griset a été condamné pour avoir effectué une déclaration incomplète de son patrimoine, en août 2020, à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Les juges ont considéré qu’il a intentionnellement dissimulé la détention d’un plan d’épargne en actions de 171 000 euros et des participations à la Française des jeux et à Natixis. Le ministre n’avait pas non plus déclaré 130 000 euros, appartenant à la Confédération nationale de l’artisanat des métiers et des services (Cnams) du Nord, que dirigeait Alain Griset. « J’ai été mal conseillé », s’est défendu le ministre devant le tribunal, pointant la responsabilité de ses comptables et des « sachants qui ne (lui) disaient rien ».

De chauffeur de taxi à ministre

Ancien président de l’Union des entreprises de proximité (U2P), la troisième organisation patronale française, le ministre délégué aux PME était entré au gouvernement en juillet 2020, après la première vague d’épidémie de Covid-19, à la faveur d’un remaniement ministériel qui a accordé au ministre de l’Economie Bruno Le Maire des compétences élargies à Bercy.

Avant de devenir ministre, Alain Griset avait exercé pendant plus de 30 ans la profession de chauffeur de taxi. Aujourd’hui âgé de 68 ans, il avait déjà arpenté les couloirs du ministère de l’Economie après avoir été élu à la tête de l’U2P en 2017 pour négocier au nom des artisans et professions libérales.

Au gouvernement, il a notamment défendu un projet de loi pour une meilleure protection du patrimoine des indépendants, qui doit être examiné en début d’année par l’Assemblée, et travaillé à la préparation des Assises du commerce qui se sont ouvertes la semaine dernière.

Mais ses ennuis judiciaires ont commencé en novembre 2020, cinq mois après sa nomination, lorsque deux enquêtes ont été ouvertes contre lui à Paris et Lille, la Haute autorité pour la transparence de la ville publique (HATVP) le soupçonnant « d’abus de confiance ».

Qui est Jean-Baptiste Lemoyne ?

Ce mercredi 8 décembre au soir, l’Élysée a annoncé qui est le remplaçant d’Alain Griset. Il s’agit de Jean-Baptiste Lemoyne. Jusqu’ici secrétaire d’État chargé du Tourisme, des Français de l’étranger et de la Francophonie, il est, depuis septembre 2014, sénateur de l’Yonne. Apparenté Les Républicains lors de sa première élection à cette fonction, il avait rejoint le gouvernement d’Edouard Philippe en juin 2017. Il occupait alors le poste de secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.

Avec AFP