Trois gendarmes tués par un forcené lors d’une intervention: «Une véritable scène de guerre»

Les gendarmes intervenaient pour des faits de violences conjugales. L’intervention a très mal tourné. Ils ont été visés par des tirs à leur arrivée qui ont coûté la vie à trois d’entre eux.

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Un forcené, connu des services de police pour des problèmes de garde d’enfant, a abattu trois gendarmes et en a blessé un quatrième, dans la nuit du mardi 22 au mercredi 23 décembre, dans un hameau du Puy-de-Dôme. Après avoir réussi à prendre la fuite, il a été retrouvé mort peu de temps après.

Les trois gendarmés tués dans le Puy-de-Dôme dans la nuit de ce mardi 22 décembre au mercredi 23 décembre sont morts dans l’exercice de leur fonction. Ils avaient été dépêchés dans le hameau de Saint-Just après avoir reçu « en début de soirée un signalement de violence intrafamiliale », a expliqué sur BFMTV Laurent Bitouzet, un porte-parole de la gendarmerie.

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Les gendarmes appelés pour des violences conjugales

C’est un drame qui vient d’avoir lieu dans le Puy-de-Dôme. Peu après minuit, des gendarmes sont intervenus après avoir été alertés pour des faits de violences conjugales. A leur arrivée sur place rien ne s’est passé comme prévu. Dans un hameau près de Saint-Just, une femme s’était réfugiée sur le toit d’une maison à cause de son mari qui la violentait. Les gendarmes ont donc voulu lui porter secours.

« C’est une scène de crime complexe, on est loin d’avoir toutes les réponses », admet ce mercredi le procureur de la République Eric Maillaud, visiblement ému. Et d’ajouter : « C’est une véritable scène de guerre à laquelle nous avons été confrontés ce matin : des centaines et des centaines de douilles, la maison incendiée, un individu surarmé… Une scène atypique. »

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Peu après leur arrivée, le forcené met le feu à sa maison, vers 22h20. Deux militaires du PSIG (peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie), qui tentent de s’approcher du pavillon, sont alors la cible de tirs. L’homme, lourdement armé, parvient à atteindre deux militaires alors qu’il tentait de sortir de chez lui. L’un d’eux, le brigadier Arno Mavel, âgé de 21 ans, meurt des suites de ses blessures, tandis que le deuxième, un gendarme de 50 ans est blessé à la cuisse. Il sera transporté par les pompiers vers le centre hospitalier d’Ambert 30 minutes plus tard. Son état n’inspire ce mercredi plus d’inquiétudes.

L’homme met le feu à sa maison

Deux autres gendarmes, cherchant à savoir si les pompiers peuvent s’engager pour éteindre l’incendie, sont à leur tour visés vers 22h45 par l’homme, qui a regagné son domicile après avoir tenté de fuir. Face à la dangerosité du forcené, les pompiers mettront plusieurs dizaines de minutes à s’approcher des deux blessés. Une fois sur place, le Samu n’a rien pu faire pour ranimer les victimes. Le GIGN est arrivé sur place vers 2h30, selon le ministère de l’Intérieur. Il a été renforcé par des éléments venus de Dijon.

Le forcené est finalement parvenu à prendre la fuite. La femme qui s’était réfugiée sur le toit a pour sa part pu être mise en sécurité. Elle est actuellement interrogée pour tenter de faire la lumière sur les faits.

Le GIGN arrive sur place

Aux alentours de 2 h 30 du matin, les membres des antennes du GIGN de Paris et Dijon arrivent sur place. Ils ne savent pas si l’auteur des tirs est dans les décombres, ou s’il a réussi à prendre la fuite. Les recherches s’organisent, et ce sont plus de 300 gendarmes qui sont mobilisés, pour mettre la main sur le forcené.

Le procureur Eric Maillaud a décrit lors d’une conférence de presse donnée dans l’après-midi « une véritable scène de guerre » découverte ce mercredi matin à l’issue de la frénésie meurtrière de Frédéric Limole, l’auteur des faits. « Il reste un très gros travail », d’enquête, a-t-il dit. « Des centaines et des centaines de douilles, la maison incendiée, un individu surarmé, c’est véritablement une scène complètement atypique », estime le procureur.

Le brigadier Arno Mavel, 21 ans, l’adjudant Rémi Dupuis, 37 ans, et le lieutenant Cyrille Morel, 45 ans. 
Photos AFP / Gendarmerie nationale.

L’homme retrouvé mort

Finalement, à 8 h 42, Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, annonce que le suspect a été retrouvé mort. Selon les informations du Parisien , qui cite une source proche du dossier, le forcené a été retrouvé dans sa voiture.

Le procureur de la République de Clermont-Ferrand a affirmé dans l’après-midi qu’au « regard des premiers éléments de l’autopsie, on a toutes les raisons de penser » que Frédéric Limole, le forcené qui a abattu trois gendarmes, « s’est suicidé » à l’issue de sa cavale.

Gérald Darmanin s’est rendu sur place

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a réagi tôt ce mercredi matin. Il a présenté ses condoléances aux familles et camarades des gendarmes décédés. Présent sur place en fin de matinée, il a salué « l’intervention courageuse et héroïque [des gendarmes] pour secourir une femme et son enfant de violences familiales. J’ai une pensée particulière pour les quatre orphelins, pour les veuves et pour toute la gendarmerie nationale ».

Le ministre de l’Intérieur a estimé que la mort des trois gendarmes était, hors terrorisme, « l’un des évènements les plus tragiques » de l’histoire de la gendarmerie. Il a dénoncé « les circonstances particulièrement ignobles » du drame, sans entrer dans les détails.

Le président de la République Emmanuel Macron a lui aussi réagi, peu après 9 heures, sur Twitter.

Il a rendu hommage à « nos héros », qui « intervenaient pour secourir une femme victime de violences conjugales ». Emmanuel Macron a déclaré que « la Nation s’associe à la douleur des familles. Pour nous protéger, nos forces agissent au péril de leur vie ».

Hors faits de terrorisme, les agressions à l’arme à feu contre des forces de l’ordre sont relativement rares en France.

En mai dernier, un forcené retranché chez lui à Saint-Christoly-Médoc (Gironde) avait tiré avec un fusil sur les gendarmes, blessant légèrement l’un d’entre eux. Alors que l’homme s’apprêtait à tirer une nouvelle fois, avec un fusil à lunette, un gendarme du GIGN l’avait tué d’un « tir de neutralisation ».

Avec AFP

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