Un an de prison pour un chasseur qui a accidentellement tué un cycliste en Haute-Savoie

Un chasseur a été condamné, mardi 1er décembre,  à quatre ans de prison, dont un ferme, par le tribunal correctionnel d’Annecy (Haute-Savoie), pour avoir tiré accidentellement sur un cycliste britannique en octobre 2018.

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Un chasseur a été condamné ce mardi 1er décembre à quatre ans de prison, dont un ferme, pour avoir accidentellement tué un cycliste en 2018. Le tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains (74) a assorti cette peine d’une interdiction de porter une arme pendant cinq ans. Le chasseur ne pourra également plus chasser pendant dix ans.

En décembre 2015, un drame s’était noué dans une forêt de Quintal, près d’Annecy. Un couple adepte du trail (course nature) et familier des lieux était en train de courir en direction du sommet du Semnoz. Elle était vêtue d’une tenue de sport aux couleurs vives et lui d’une tenue noire et grise.

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Non loin de là, un groupe de chasseurs était en pleine battue et avait décidé de faire une pause au bord d’une route, en posant leurs fusils sur le sol. Quand soudain, un sanglier a surgi de la forêt, traversé la route et continué sur sa lancée de l’autre côté de la route.

Mort sur le coup dans les bras de sa femme

Dans la précipitation, le jeune chasseur de 19 ans avait pris une arme qui appartenait à un autre chasseur, avait couru en direction de l’animal et tiré sur une « masse sombre en contrebas ». « Pour moi, c’était un sanglier », a-t-il expliqué.

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Mais horreur : il s’agissait du traileur, un père de famille de 43 ans. Touché à la tête, il était mort sur le coup dans les bras de sa femme. « J’ai tiré dans la précipitation et j’ai mal identifié ma cible », a reconnu à la barre le jeune chasseur.

Trois autres chasseurs et la compagne de l’un d’eux condamnés

Le tireur, âgé de 24 ans aujourd’hui, poursuivi pour « homicide involontaire par violation délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence », encourait cinq ans d’emprisonnement ferme et le ministère public en avait requis deux. Cet artisan élagueur sans casier judiciaire avait reconnu sa culpabilité juste après les faits et a exprimé des remords.

Il comparaissait avec trois autres chasseurs et la compagne de l’un d’eux, soupçonnés notamment d’avoir tenté de dissimuler les faits en modifiant le carnet de battue et en installant, a posteriori, des panneaux indiquant la partie de chasse. Des peines de 6 à 18 mois avec sursis ont été prononcées à leur encontre, assorties pour deux d’entre eux d’une période probatoire de trois ans avec interdiction de chasser et de porter une arme.

Pas le procès de la chasse

Me Frédéric Noetinger-Berlioz, avocat de la compagne et du père de la victime, tous deux parties civiles, a qualifié ce jugement de « relativement équilibré », estimant « pas anormal qu’un chasseur qui ôte la vie définitivement à une personne, se voie infliger une peine privative de liberté ».

« La chasse était partout en filigrane dans ce dossier mais ce sont des chasseurs délinquants qui étaient jugés et non la chasse dont aucune règle de sécurité n’a été respectée », a déclaré le conseil à l’AFP.

L’auteur du tir avait dit avoir visé un sanglier d’un tir non fichant, c’est-à-dire ne visant pas le sol comme il se doit.

La victime, Mark Sutton, était le propriétaire de deux établissements, l’un proposant un service de chefs à domicile à Morzine, l’autre spécialisé dans la cuisine santé aux Gets, communes proches des lieux du drame.

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