Un bébé chevreuil dévoré vivant par des chiens de chasse sur sa propriété privée en Lorraine : elle témoigne

Un bébé chevreuil a été traqué et dévoré par des chiens de chasse à Pont-Saint-Vincent… sur un terrain privé. La propriétaire a dénoncé les événements sur Facebook. La fédération départementale de chasse a réagi.

publicités

La mort d’un très jeune chevreuil, dévoré par des chiens de chasse à  Pont-Saint-Vincent (Meurthe-et-Moselle), a suscité une vague d’indignation, comme le rapporte le journal L’Est Républicain.

La propriétaire d’un terrain de Pont-Saint-Vincent (Meurthe-et-Moselle) raconte la scène qui l’a choquée et s’est déroulée sur sa propriété le samedi 9 janvier dernier. Sa publication a été partagée plus de 3 500 fois sur Facebook, provoquant l’indignation des internautes.

publicités

L’animal décède dans les bras de son oncle

Dimanche 10 janvier, une habitante de la commune publie le cliché, saisissant, d’un jeune chevreuil mourant dans les bras de son oncle. Dans un texte publié sur le réseau social Facebook, la jeune femme accuse des chasseurs d’avoir laissé deux chiens de chasse, sans surveillance, pénétrer sur son terrain et dévorer le cervidé. Malgré l’intervention d’un vétérinaire, il n’a pu être sauvé.

La jeune femme rapporte l’incident dans une publication sur Facebook, avec une photo du jeune chevreuil. À l’agonie, l’animal est décédé dans les bras de son oncle avant d’arriver chez le vétérinaire.

publicités

« Il en va ainsi des règles de la nature où le moins rapide, le moins prudent ou le plus faible est tour à tour rattrapé par la lionne, la voiture, le faucon ou plus près de nous par le loup ».

« Dans le même temps, ma mère se rend dans notre pré (qui est une propriété privée), et tombe nez-à-nez avec 2 chasseurs sur le chemin longeant le pré, trainant une biche morte par une patte, sur environ 40 mètres, avec un trou dans le ventre, éviscérée. Ils l’ont ensuite jeté vulgairement dans leur camionnette. Ma mère est alors intervenue auprès d’eux pour leur demander de ne plus laisser entrer leurs chiens dans notre pré, mais sans succès puisque les 2 chasseurs se sont contentés de lui rire au nez, en la menaçant de prévenir la gendarmerie (pour quelle raison ?), »  ajoute la Propriétaire du pré.

Un très jeune chevreuil est mort après avoir été mordu par des chiens de chasse
sur une propriété privée de Pont-Saint-Vincent, samedi 9 janvier. Photo DR

Une réponse des autorités ?

La fédération départementale de chasse de Meurthe-et-Moselle a publié sa réponse au message de la propriétaire du pré sur les réseaux sociaux. « Il en va ainsi des règles de la nature où le moins rapide, le moins prudent ou le plus faible est tour à tour rattrapé par la lionne, la voiture, le faucon ou plus près de nous par le loup », se justifient les chasseurs.

L’association prend la défense des chasseurs qui auraient rappelé les chiens, mais ces derniers auraient écouté leur instinct animal en continuant la poursuite. Quant aux accusations de viol de propriété privée, l’organisme se défend aussi : « Dans notre département de Meurthe-et-Moselle, les associations communales de chasse agréées par monsieur le préfet ont la possibilité de chasser tous les territoires communaux d’une contenance inférieure à 40 hectares. »

Alors que la jeune femme s’inquiète pour sa sécurité – « J’ai sincèrement peur qu’il arrive quelque chose la prochaine fois, à un enfant, à un résident, à mes propres animaux ou à moi-même », la fédération départementale de chasse de Meurthe-et-Moselle lui répond que « les enfants, vos animaux ou vous-même ne risquez rien en présence des chasseurs. »

Une procédure en cours

Le communiqué insiste sur la parfaite légalité de l’action des chasseurs. Il rappelle que « les Associations communales de chasse agréées (ACCA) par monsieur le préfet ont la possibilité de chasser tous les territoires communaux d’une contenance inférieure à 40 hectares ».  Un propriétaire privé peut être exclu du périmètre de chasse, à condition d’en faire la demande, et de l’afficher clairement autour de son terrain.

Selon la loi française, deux autres conditions sont à remplir pour les ACCA : chasser sur un terrain situé à plus de 150 mètres des habitations, à condition qu’il ne soit pas entouré d’une clôture empêchant le passage de gibier ou d’un homme (des clôtures barbelées ne suffisent pas). Toujours est-il que la présence de chiens sur un terrain privé proche des habitations, semble-t-il sans surveillance directe des chasseurs, pose question. Une procédure a été ouverte à la gendarmerie de Neuves-Maisons et les auditions sont en cours pour tenter de définir les circonstances précises de l’incident.

Franbuzz sur Facebook

Répondre