Un éboueur blessé par balles à Bordeaux après des tirs sur un camion-poubelles qui a réveillé les gens du voyage

Lundi 4 janvier 2021, Bruno Départ a été blessé par arme à feu à la sortie du centre de tri d’Eysines (Gironde). Selon lui, le tir venait d’un camp de gens du voyage. 

publicités

A la prise de poste des éboueurs de la Métropole de Bordeaux ce lundi matin, un camion a été la cible de plusieurs tirs. Une balle a traversé une portière et blessé un agent. Une quarantaine de caravanes des gens du voyage s’étaient installées sur le parking des agents de collecte depuis dimanche, explique francebleu.

La victime est un homme de 51 ans. Il a été hospitalisé au CHU de Pellegrin mais ses jours ne sont pas en danger. Les coups de feu ont été tirés au moment de sa prise de service et on ne connaît pas pour le moment l’identité du ou des tireurs. Dans un communiqué, Bordeaux Métropole « condamne fermement cet acte inacceptable. »

publicités

Des gens du voyage soupçonnés

Les policiers sont rapidement arrivés sur place et une enquête a été ouverte. Les gens du voyage installés dans le secteur depuis la veille sont soupçonnés d’être à l’origine de ces tirs expliquent nos confrères. Une trentaine de caravanes se sont en effet implantées sur le parking réservé aux agents et ce, malgré le grillage et les barrières qui se trouvaient autour.

Sylvain Verney, secrétaire général du syndicat Force ouvrière de Bordeaux Métropole, affirme au quotidien avoir entendu quatre coups de feu. Le bruit des bennes au petit matin aurait-il dérangé les squatteurs qui auraient décidé de tirer ?

publicités

« Il s’agit d’un acte violent, gratuit, surprenant, disproportionné et intolérable, Les agents sont évidemment choqués, et la collecte n’aura pas lieu ce lundi », a réagi la maire d’Eysines, Christine Bost, à France 3.

image: (DR)

« Je suis sous le choc »

L’éboueur, assis sur le siège passager du camion-benne, raconte avoir entendu un gros « boom » de l’autre côté de la haie, qui sépare la route du parking en question. « On fait notre travail tranquille et on se fait tirer dessus », n’en revient pas l’agent de collecte, qui compte plus de 20 ans d’expérience et ne s’attendait pas à vivre ça un jour.

« De suite, j’ai touché mon mollet et j’ai ressenti une douleur insensée. La balle avait traversé la portière du camion puis mon mollet. J’ai crié comme un fou à mon collègue : « Ils nous ont tiré dessus, ils nous ont tiré dessus ! » Sur le moment, je n’ai pas eu le temps d’y penser parce que j’avais trop mal mais avec le recul, je me dis que j’aurais pu mourir.»

Il a prévu de porter plainte. « Je suis sous le choc, c’est de la violence gratuite ! Je ne peux pas laisser passer ça », dit-il.

Les gens du voyage sont partis lundi après-midi

Selon les éboueurs, qui ont fait valoir leur droit de retrait ce lundi 4 janvier, les gens du voyage n’auraient pas apprécié les vrombissements des camions et les klaxons des agents de collecte, dès 5 heures du matin.

« Nous sommes plus de 150 éboueurs donc ça fait du bruit. Ça ne pose jamais de problème puisque nous sommes dans une zone où il n’y a pas de logement normalement. Sauf aujourd’hui… », hallucine Bruno Départ.

La trentaine de caravanes présentes sur le parking du centre de collecte avait évacué les lieux, ce lundi en milieu d’après-midi. Une enquête de police est en cours.