Une boulangère en grève de la faim pour défendre un jeune migrant menacé d’expulsion

La préfecture de l’Ain s’est engagée à procéder à un « rééxamen rapide » du dossier du jeune homme que la boulangère souhaite former en apprentissage.

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La préfecture de l’Ain va procéder à un « réexamen rapide » du dossier de Mamadou Yaya Bah, un jeune migrant guinéen menacé d’expulsion pour lequel Patricia Hyvernat, une boulangère souhaitant le former en apprentissage était en grève de la faim depuis deux semaines.

« Mme Hyvernat a formalisé une promesse d’embauche auprès des services de la Direccte (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) vendredi dernier. Il s’agit d’une pièce essentielle prouvant la bonne intégration professionnelle de M. Bah », a indiqué la préfecture de l’Ain.

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En grève de la faim depuis le 9 février

« J’ai l’espoir que tout va s’arranger », confie l’artisane installée avec son mari à La-Chapelle-du-Châtelard, un village de quelque 390 âmes. Le couple et leur futur apprenti seront reçus à la préfecture de Bourg-en-Bresse le 3 mars pour y déposer une nouvelle demande de titre de séjour.

« Je vais arrêter ma grève de la faim », poursuit celle qui ne s’alimentait plus que de thé, café, bouillon de légumes et de jus de fruits et envisageait l’hospitalisation après avoir perdu sept kilos depuis le 9 février.

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Mamadou Yaya Bah, 20 ans, pourrait commencer sa formation en boulangerie dans les prochaines semaines au CFA voisin d’Ambérieux-en-Bugey, selon Patricia Hyvernat, une fois obtenu un récépissé de demande de titre de séjour.

Arrivé en France à 16 ans après avoir été emprisonné en Libye

« Ça aurait été beaucoup plus dur pour moi de le voir repartir dans son pays que de faire cette grève de la faim. C’est la seule manière que j’ai trouvée pour qu’on se fasse entendre », explique la quinquagénaire à propos du jeune homme, qui selon elle est arrivé en France à l’âge de 16 ans après avoir quitté sa Guinée natale et avoir été emprisonné en Libye.

Cette démarche victorieuse fait écho au combat de Stéphane Ravacley, un boulanger du Doubs, qui au terme d’une autre grève de la faim très médiatisée en début d’année avait empêché l’expulsion de Laye Fodé Traoré, son jeune apprenti guinéen. Il avait d’ailleurs rendu visite à Patricia Hyvernat la semaine dernière pour la soutenir et partager son expérience.

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