Une caissière de 59 ans d’un Super U licenciée pour « faute grave » … 3,46 € de charcuterie et une pause pipi !

La femme de 59 ans avait été licenciée pour « faute grave » en avril 2020 alors qu’elle était venue rendre un morceau de fromage de tête dont la date limite de consommation était dépassée.

publicités

Il aura fallu 18 mois de procédure mais le conseil des prud’hommes de Saverne a enfin rendu sa décision, le 27 septembre 2021 : le licenciement pour « faute grave » d’une caissière par le gérant d’un Super U alsacien pour avoir échangé un morceau de presskopf de 3,46€ était bien abusif, comme le raconte Rue89 Strasbourg.

Licenciée pour « faute grave », elle porte l’affaire aux tribunaux

18 ans de bons et loyaux services au Super U pour être jetée… comme une malpropre. Et c’est peu dire. En avril 2020, une caissière de 59 ans a été remerciée par son directeur de magasin. Pourquoi ? Tout simplement car ce dernier jugeait qu’elle n’avait pas respecté le protocole de retour d’un produit, normalement réservé aux clients.

publicités

La caissière de 59 ans du Super U de Russ (Bas-Rhin), termine son service, et avant de se rendre chez elle, décide d’aller acheter un morceau de presskopf, un fromage de tête alsacien de 3,46 euros, appelé dans le magasin « délice de tête aux cornichons ». Problème, avant de rentrer chez elle, elle se rend compte que la DLC (date limite de consommation) est dépassée, et revient au rayon charcutier pour un échange.

Et c’est là que tout va basculer, selon nos confrères puisqu’elle aurait dû, selon le protocole, aller à l’accueil, demander un remboursement et enfin racheter un autre morceau. Trop tard. Le gérant du Super U, qui l’avait semble-t-il dans le viseur déjà depuis un moment, la convoque et va purement et simplement la licencier, pour « faute grave ».

publicités

Dans la lettre de licenciement que s’est procurée Rue89, il est reproché à la caissière de ne pas avoir suivi les procédures « en cas de litige ou problème qualité ». Pire, elle aurait « fait pression » sur sa collègue de la charcuterie « en l’obligeant à s’exécuter et à être complice de [votre] manœuvre frauduleuse ».

Pas « irréprochable » à cause d’une pause pipi

Un coup de massue pour l’employée qui exerce ses fonctions dans le magasin depuis 18 ans et qui doit partir du jour au lendemain. Hébétée, interloquée, la caissière ne se rend pas tout de suite compte de la situation rapidement. Mais en juillet 2020, elle décide tout de même de prendre une avocate et porter l’affaire devant les Prud’hommes, relate Rue89. Son audience s’est tenue en juin 2021, et la direction du magasin a voulu apporter un élément au dossier, pour montrer, dit-elle, que « malgré son ancienneté, elle n’était pas irréprochable ».

Ce fait évoqué remonte à 2012, détaillent nos confrères, et concerne une pause pipi qui aurait eu lieu « sans l’aval d’un supérieur hiérarchique »… Le jugement est tombé fin septembre dernier. Le conseil des Prud’hommes a reconnu le « caractère abusif » du licenciement et a accordé à la caissière 10.000 euros d’indemnités de licenciement. Elle a également reçu 8.600 euros de dommages et intérêts. Le directeur du magasin en question n’a pas souhaité répondre à nos confrères.

Franbuzz sur Facebook

Répondre