Une centaine de caravanes se sont installés sur les terrains du club de football en Bretagne

Une centaine de caravanes de gens du voyage sont arrivées, samedi 31 juillet 2021, sur les terrains d’entraînements des Thoniers, à Concarneau (Finistère).

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Depuis samedi 31 juillet, 150 caravanes se sont installées sur les terrains d’entraînement du club de foot de Concarneau (Finistère), empêchant les joueurs de se préparer pour la reprise. Une situation qui se multiplie cet été en Bretagne.

À trois jours de leur première journée de championnat, les joueurs de l’Union sportive concarnoise (Nationale 1) n’ont plus de terrain d’entraînement. Ceux-ci sont occupés depuis samedi 31 juillet par 150 caravanes de gens du voyage. La ville de Concarneau (Finistère) dispose pourtant d’un terrain d’accueil. Mais les dix stationnements de l’aire du Vuzut ne suffisent plus.

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Une justification insuffisante pour le président de l’US Concarnoise, Jacques Piriou. « On nous prend notre outil de travail s’agace-t-il. Nous sommes un club professionnel, avec des employés à rémunérer. » Le président raconte que les occupants seraient arrivés après l’entraînement, avec un comportement « assez menaçant », puis ont forcé les entrées. La mairie a quant à elle prévenu que les squatteurs quitteraient les lieux le 8 août.

« Les terrains sont morts »

Le problème principal n’est pas une question de date, selon Jacques Piriou. « Aujourd’hui, les terrains sont morts affirme-t-il. Même quand ils seront partis on ne pourra plus travailler dessus. » En attendant, il a trouvé un autre endroit pour permettre à son équipe de continuer à s’entraîner, même si les conditions ne sont pas idéales. « Ce qui m’inquiète, ce n’est pas l’équipe principale mais toutes les autres équipes qui ne peuvent plus jouer, notamment les jeunes. »

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Face à cette arrivée musclée des gens du voyage, le président s’avoue complètement impuissant. « Nous n’avons aucun moyen de pression, à moins de mettre de la musique pendant la nuit et prétendre que c’est une rave party », ironise-t-il. Une impuissance partagée par la mairie de Concarneau, qui regrette dans un communiqué « l’opportunisme et la soudaineté » de cette situation et manifeste « sa solidarité et son soutien aux équipes de l’USC, club, association, joueurs, dirigeants et bénévoles. »

Exaspération des maires

Dans les communes alentour comme Melgven ou Névez, une centaine de caravanes avaient déjà été priées de partir et de se diriger vers les aires de Concarneau et Rosporden, les 27 et 28 juillet derniers. Ces différends entre les gens du voyage et les habitants se sont multipliés depuis une semaine en Bretagne. Le Morbihan a dû faire face à une arrivée de près de 1 000 caravanes, alors qu’il ne dispose que de 600 places, selon le préfet Joël Mathurin. Une différence aux lourdes conséquences pour un agriculteur de Merlevenez, qui a vu arriver près de 150 caravanes dans son champ, dimanche 25 juillet.

« On a très souvent des envahissements de parking, de salles de sport, de stades de foot raconte le maire Bruno Le Bosser. Les voyageurs s’y installent sans rien demander, utilisent le courant électrique à partir de lignes aériennes, de l’eau à partir de bouche d’incendie ou dégradent les équipements… » Mais cet événement demeure sans précédent pour la commune. La Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) a réagi en faisant défiler une cinquantaine de tracteurs devant le champ occupé. Les gens du voyage ont finalement quitté les lieux quatre jours plus tard.

« Tous les ans ces faits déplorables se répètent, déplore le maire, excédé. Je n’ai rien contre eux, mais la première chose est de demander l’utilisation des terrains aux propriétaires. C’est du civisme. »

Dialogue compliqué

Parfois, les négociations aboutissent plus positivement. En Corrèze, le maire de Malemort Laurent Darthou avait marqué les esprits, début juillet, en s’allongeant sur la route devant l’aire de jeu des Bourriottes où les gens du voyage voulaient s’installer. Les deux parties ont fini par trouver un terrain d’entente et les occupants ont trouvé une place où s’installer, sans déranger les Corréziens. « Un accord est tout de même régulièrement trouvé sur place, parfois avec des tensions », conclut l’Association nationale des gens du voyage citoyens (ANGVC).

L’association rappelle d’ailleurs que la loi Besson de 2000 dicte les droits des gens du voyage et les devoirs des communes de plus de 5 000 habitants. Celles-ci doivent prévoir des aires permanentes d’accueil, des terrains familiaux locatifs aménagés et des aires de grand passage, « destinées à l’accueil des gens du voyage se déplaçant collectivement à l’occasion des rassemblements traditionnels ou occasionnels ». Les gens du voyage sont obligés de prévenir en amont de leur arrivée. L’ANGVC reconnaît qu’il existe de « mauvais coucheurs », mais elle observe aussi que les terrains fournis par la mairie ne sont pas toujours praticables et que la loi n’est pas appliquée partout. « Occuper des lieux publics est parfois un moyen de faire pression, de revendiquer ses droits », défend-elle.

L’été, une période d’itinérance

Du côté des maires, on reproche surtout aux gens du voyage de jouer sur des règles qui les avantagent. « Ils savent qu’à partir du moment où ils occupent un terrain, il faut un référé du maire ou du préfet et qu’il leur reste au moins 8 jours pour respecter la mise en demeure », précise Bruno Le Bosser. Selon le maire de Merlevenez, les propriétaires des 150 caravanes arrivées dans le champ n’auraient pas prévenu : « ils ne préviennent d’ailleurs jamais ».

Ces affrontements plus ou moins directs entre les gens du voyage et la population pourraient se poursuivre cet été, période propice aux voyages. Les vacances, mais aussi les pèlerinages de groupes religieux expliquent ces mouvements importants. Les 1 000 caravanes arrivées dans le Morbihan répondaient ainsi, entre autres, à un appel au rassemblement évangélique. « Les groupes religieux programment leurs missions d’avril à octobre », explique l’ANGVC. Des voyages religieux aux airs de chemins de croix pour les mairies démunies.

Source: Marianne.net

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