Une fausse médecin jugée à Nanterre pour avoir fait des tests PCR bidons facturés 70 euros

Au printemps dernier, alors que l’épidémie de coronavirus battait son plein, une jeune femme est accusée d’avoir profité de la détresse de nombreuses personnes en leur faisant passer de faux tests PCR. La trentenaire est jugée ce jeudi au tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine).

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Une jeune femme de 31 ans est jugée ce jeudi au tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine). Elle est accusée d’avoir usurpé son identité, de s’être fait passer pour un médecin et d’avoir escroqué nombre de personnes. La trentenaire avait notamment sévi à Toulouse.

Absente au procès, a été condamnée à un an d’emprisonnement pour escroquerie. Elle faisait passer de faux tests de dépistage du coronavirus alors qu’elle n’avait ni le matériel ni les diplômes requis. Elle avait facturé 70 euros des tests totalement inutiles.

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Iltusen B., 31 ans, comparaît jeudi 21 janvier au tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine) pour escroquerie avec usage de la fausse qualité de médecin. Si seules ses récentes arnaques au test covid seront jugées, la fausse médecin semble faire l’objet de nombreuses autres plaintes, depuis 2016. Elle encourt une peine maximale de 5 ans de prison et 375 000 euros d’amende.

Des soupçons d’antécédents

Piégée par l’un de ces patients, l’usurpatrice est accusée d' »escroquerie avec usage de la fausse qualité de médecin ». Les cas de six personnes originaires de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) lui valent ces poursuites mais la toubib bidon n’en serait pas à son coup d’essai.

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Sous d’autres pseudonymes, la jeune femme aurait en effet retardé, par ses manigances, la prise en charge médicale d’une jeune fille à Montpellier à l’hiver 2019, avant de subtiliser du matériel médical lors d’une manifestation à Toulouse au printemps suivant en se faisant passer pour une « street medic ».

« Elle vous a mis en danger »

En avril dernier, elle se présente chez Sélim (prénom d’emprunt) en blouse, mallette à la main, et procède à un test buccal avec une machine pour dépister le diabète. « Je connaissais pas la teneur des tests à l’époque », a déploré Sélim, qui dit avoir payé 70 euros pour un prélèvement.

« Elle m’a dit que j’étais négatif, mais par la suite j’ai appris que j’étais positif », a-t-il poursuivi. « Se pensant négatif », Sélim a continué à voir ses proches, dont sa mère, « âgée de plus de 75 ans », a souligné son avocat, Me Kevin Bouthier.

« J’ai perdu mon père du coronavirus, alors si j’avais perdu ma mère en plus… », a murmuré Sélim à la barre. « Elle a bien profité de votre détresse […] et en plus elle vous a mis en danger », a commenté le président de la 18e chambre correctionnelle.

« Elle rêvait d’être médecin »

Interpellée à Boulogne-Billancourt en mai 2020, la fausse médecin a reconnu avoir réalisé ces faux tests, mais pas avoir été rémunérée.

« Elle a dit à la police qu’elle rêvait d’être médecin », a rapporté la procureure, ajoutant que la femme avait aussi candidaté comme médecin auprès d’un Ephad.

« On a peu d’éléments, c’est par la presse qu’on apprend qu’elle a déjà officié dans d’autres villes où elle s’est fait passer par un médecin », a-t-elle ajouté. « C’est une capacité à duper les autres et à s’inventer des histoires, qui a causé des préjudices psychologiquement traumatisants ».

La fausse médecin devra aussi notamment verser plus de 3 000 euros à Selim.

Avec AFP

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