Une vague de soutien pour Roland, 88 ans, qui se retrouve à la rue, viré de chez lui par des squatteurs (vidéos)

Depuis septembre 2020, des squatteurs occupent illégalement la maison d’un octogénaire à Toulouse. Leur expulsion a été prononcée par la justice mais n’a pas pu avoir lieu en raison de la trêve hivernale.

publicités

Chassé de chez lui par des squatteurs qui ont changé toutes les serrures, Roland, 88 ans, se bat aujourd’hui pour récupérer sa maison. Cet octogénaire avait le projet de vendre cette propriété pour aller retrouver son épouse, placée dans un Ehpad dans un département voisin.

Ne pouvant plus rentrer chez lui, son histoire a aujourd’hui pris une ampleur inattendue, a rapporté La Dépêche du Midi.

publicités

Un important dispositif policier a dû être déployé ce mardi 9 février à Toulouse (Haute-Garonne) devant la maison d’un octogénaire, squattée depuis le mois de septembre 2020. Les membres du comité de soutien au propriétaire faisaient face aux « pro-squatteurs » dans une ambiance tendue.

Plusieurs personnes venues mardi 9 février apporter leur soutien à Roland, Un crève-cœur alors que Roland souhaitait justement vendre son bien afin de se rapprocher de son épouse qui vit désormais dans un Ehpad du Tarn.

publicités

Décision de justice

Ému par cette affaire, l’ex-rugbyman Grégory Lamboley a lancé une cagnotte pour Roland. Présent au rassemblement ce mardi, un autre soutien a aussi fait part à La Dépêche de son empathie pour l’octogénaire : « Ça peut nous arriver à tous. On a tous des grands-parents. Il a trimé toute sa vie et aujourd’hui sa maison est squattée. Je ne comprends pas qu’on puisse avoir si peu de cœur ».

En face, les soutiens aux squatteurs, réfugiés dans le jardin de la maison, ont rappelé qu’un jugement avait été rendu. En effet, sachant qu’aucune effraction n’a été constatée et que la trêve hivernale a été prolongée jusqu’au 31 mai, la situation semble pour l’instant bloquée.

Dans le même temps, les élus du département ont eu vent de cette histoire, comme Pierre Cabaré, le député de la circonscription sur laquelle se trouve la maison de Roland. « La loi doit protéger, et pas des années après ! » a commenté Pierre Cabaré à propos des squats.

De son côté, François Piquemal, conseiller municipal d’opposition au sein d’Archipel citoyen et ancien porte-parole de l’association Droit au logement 31, a aussi déclaré : « Toutes mes pensées à Roland et ses proches. Se faire expulser de son logement est toujours un drame. Il est temps que les institutions mettent en place des réquisitions organisées des logements vacants pour éviter ce type de situation. »

Face à l’émoi, l’histoire de Roland est même remontée jusqu’au ministère du Logement. Interrogé par Le Figaro, le cabinet d’Emmanuelle Wargon, ministre du Logement, a déclaré avoir pris connaissance du cas de cette personne âgée. « Nous sommes entrés en contact avec la famille pour trouver une solution », a précisé le ministère, qui évoque « une possible indemnisation parmi les pistes de soutien envisagées. »

Cependant, malgré le soutien que reçoit Roland, les procédures seront longues et difficiles. Comme pour la plupart des propriétaires dans son cas, bien que la loi protège contre la violation de domicile, il faut avant tout être dans les délais pour dénoncer l’effraction. Ce délai est de 48 heures. Ensuite, il faut prouver que les squatteurs occupent durablement le domicile et qu’ils y sont entrés par effraction.

Quand ces deux faits sont établis, la police peut procéder à l’expulsion immédiate des squatteurs, et le propriétaire est autorisé à récupérer son bien. Malheureusement, dans le cas de Roland, l’alerte a été donnée au-delà des 48 heures. Trop tard donc. De plus, afin d’éviter que l’effraction soit reconnue, les squatteurs ont changé les serrures. Un procédé désormais classique dans les vols de propriété.

Si comme Roland vous n’avez aucune preuve de ces deux délits, en tant que propriétaire, vous devez alors lancer une action en justice pour récupérer votre bien. Et cela peut prendre plusieurs mois, d’autant plus durant la trêve hivernale qui dure jusqu’au 31 mai cette année.

À noter qu’il est désormais possible d’avoir recours à des expulsions pendant la trêve hivernale. Mais dans les faits, cela ne se produit que très rarement, notamment car face aux actions engagées, les squatteurs peuvent invoquer le droit au logement et à la vie privée et familiale, protégé par l’article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Malgré tout, le droit de propriété reste au-dessus de tout, comme l’a confirmé un arrêté de la Cour de Cassation le 4 juillet 2019. Le problème, c’est le parcours du combattant qui attend le propriétaire pour obtenir gain de cause.

Franbuzz sur Facebook

Répondre